terrorisme
terrorisme © Radio France

Les deux derniers caractères, zhǔyì, désignent la doctrine - littéralement « l’idée maîtresse ». C’est l’équivalent de notre suffixe « –isme ». Dans le cas du terrorisme, en chinois, c’est le mot « kǒngbù » que l’on place devant. « Kǒngbù », la terreur, est composé de deux caractères qui désigne chacun la peur.

En utilisant deux fois la peur, on obtient ainsi l’idée d’une grande peur, d’une peur particulièrement intense. Une terreur. Mais le sens de ce « kǒngbù » est plus subtil. Le premier idéogramme, « kǒng » (恐), est composé de trois signes : en haut à gauche, celui du travail, « gōng » (工). C’est en fait le dessin d’un outil destiné à damer la terre. Parce que traditionnellement, en Chine, tous les bâtiments étaient construits non pas sur des fondations creusées comme chez nous, mais sur des terre-pleins de terre damée. C’est devenu le symbole du travail.

A côté de ce signe, on trouve « fán » (凡), qui exprime l’idée de quelque chose de commun, d’ordinaire. En dessous, on a le signe dérivé du dessin d’un cœur, « xīn » (心). Avec ces trois signes mis ensemble, on obtient un cœur qui bat la chamade au moment où il ne devrait pas, pendant le travail ordinaire de l’homme - c’est comme cela que s’exprime la peur dans ce caractère « kǒng » (恐).

Le second idéogramme de la terreur, « bù » (怖), se construit sur le même principe : l’idée du cœur qui chavire de peur au moment où il ne devrait pas. Cette fois, c’est dans la partie gauche du caractère que l’on trouve un dérivé du pictogramme du cœur(忄). A droite, on a la représentation d’une main qui s’affaire sur un morceau de tissu (布), suggéré par un carré non fermé transpercé d’une aiguille verticale (巾). C’est la broderie, la couture et, par extension, le travail – féminin, cette fois.

Dans ce binôme « kǒngbù », la terreur, on a l’idée que tout un village, toute une population - hommes et femmes - est prise de peur, lorsqu’elle ne s’y attend pas. Encore plus que l’idée d’une peur extrême de l’individu, ce mot évoque donc aussi l’idée d’une peur collective qu’on fait régner au sein d’une population civile. Comme par exemple la Terreur qui a gouverné la France révolutionnaire en 1793.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.