Pluie
Pluie © Radio France

Pluie, en chinois, « yǔ » (雨), un caractère assez explicite. On a un trait horizontal, en haut – c’est le ciel. Un trait vertical qui en descend, comme un « T » majuscule – c’est l’idée de quelque chose qui tombe du ciel. Et quatre points réunis dans un carré non fermé – ce sont tout simplement des gouttes de pluie. Un caractère encore très proche des dessins les plus archaïques qui ont fondé l’écriture chinoise.

Le caractère de la pluie est utilisé pour décrire à peu près tous les phénomènes plus ou moins météorologiques : le nuage (雲), le tonnerre (雷), la brume (霧)… Si on dessine une main en dessous (彐), on obtient la neige, « xuě » (雪) - parce que la neige, c’est de la pluie que l’on peut prendre dans ses mains. Et si on le combine avec le signe du chemin (路), on obtient la rosée, « lù » (露), c’est-à-dire la « pluie du chemin ».

Dans la tradition chinoise, la pluie est perçue comme un don du ciel, comme dans beaucoup de civilisations antiques. En cas de sécheresse, il revenait aux chamanes de prier le maudit reptile pour obtenir la pluie.

C’est ce que semble indiquer un caractère, « líng » (靈), qui veut dire à peu près tout et n’importe quoi. C’est l’âme, l’esprit, le prodige, l’intelligence, l’efficacité la divinité… Bref, tout ce qui concerne l’au-delà.

On remarque en haut de cet idéogramme le fameux signe de la pluie, « yǔ ». En bas, on a le signe du sorcier, « wū » (巫). Et entre les deux, on trouve trois petits carrés – à l’origine c’étaient des petits ronds… On peut interpréter leur sens de deux façons : d’abord comme des bouches, dont le caractère est un carré, justement… Une façon d’évoquer les prières que les chamanes proféraient pour faire tomber la pluie. Mais si on lit cet idéogramme dans l’autre sens, de haut en bas, on peut voir ces carrés comme des grosses gouttes de pluie qui tombent enfin après les psaumes des sorciers…

Ce caractère « líng » résume bien l’importance de la pluie dans la vision chinoise du monde, comme une sorte de symbole d’une union féconde entre le ciel et la terre. D’ailleurs, la pluie est aussi utilisée pour décrire les relations sexuelles. En chinois, on parle de « yúnyǔ » (雲雨), c’est-à-dire les « jeux des nuages et de la pluie ».

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