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C’est aujourd’hui que doit se clore la conférence internationale sur le Sida, qui réunit depuis dimanche 5000 spécialistes à Rome.

Sida : En chinois, « àizībìng » (艾滋病). Le dernier caractère, « bìng » (病), désigne la maladie en général. Quant aux deux autres caractères, « àizī », c’est la transcription avec une sonorité chinoise du mot anglais qui désigne le sida, « Aids ». Mais problème : en chinois, des caractères qui se prononcent « ai » et « zi », il en existe à foison. Alors, lesquels choisir ?

Si on prend le son « ai », le premier caractère qui vient à l’esprit, c’est celui de l’amour. On a d’abord pensé à le combiner avec celui de la mort « sǐ » (死) pour créer le mot « àisǐbìng » (爱死病), le sida, c’est-à-dire la « maladie qui fait mourir d’aimer ».

Ce n’est pourtant pas l’orthographe qui a été retenue.

A Hongkong, à Taiwan, des campagnes de prévention ont été lancées dès les années 80, en utilisant une autre orthographe : on a toujours le caractère de l’amour, « ài » (爱), celui de la maladie, « bìng » (病). Et entre les deux, c’est cette fois un caractère prononcé « zī » (滋) qui combine les signes de la plante, soit deux brins d’herbe (艹), du liquide, matérialisé par des gouttes d’eau qui coulent (氵), et le dessin de deux cocons, qui expriment la jeunesse (幺). Mis ensemble, ils forment un idéogramme qui évoque quelque chose qui grandit, qui se développe, qui se répand – un peu comme une épidémie.

Mais la construction du caractère évoque aussi le liquide des plantes, la sève – et, en argot cantonnais, on s’en sert pour parler de la sève de l’homme, donc de l’éjaculation. Voilà pourquoi, à Hongkong, c’est ce caractère qui sera retenu dans les campagnes de prévention, qui recommandaient l’usage du préservatif.

En Chine continentale, le caractère « ài » (爱), qui fait référence à l’amour, était jugé trop gênant. Alors on l’a remplacé par un autre caractère (艾) - toujours prononcé « ài » - mais qui désigne cette fois l’armoise, une plante médicinale utilisée en acupuncture. Un caractère dont un vieux sens littéraire signifie aussi la fin, l’arrêt – parce que cette plante sert à stopper les maladies. Il y a donc une certaine logique dans l’utilisation de cette orthographe pour des slogans de prévention. Parce que du coup, « àizībìng » (艾滋病) veut aussi dire « stopper l’expansion de la maladie ». Mais les deux orthographes sont encore utilisées aujourd’hui.

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