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Médecine, en chinois, « yī » (醫 pour l’écriture traditionnelle, dans sa version simplifiée), soigner, guérir. En bas du caractère, le signe « you » (酉) est la représentation d’une amphore, d’une jarre : un trait horizontal en haut, comme une embouchure ou un couvercle, deux courbes qui en descendent comme le col d’une bouteille, et un carré en dessous, avec un trait horizontal à l’intérieur pour matérialiser le niveau du liquide contenu. C’est le symbole des liquides qui macèrent.

Au dessus de ce pictogramme, à gauche, on remarque le dessin d’une flèche (矢) tournée vers le haut à l’intérieur d’un carré ouvert sur la droite, comme si elle était rangée dans une boîte (医). A droite de ce signe se trouve un autre pictogramme prononcé « shū » (殳) – c’était à l’origine le dessin d’une main qui saisit une arme en bambou recourbé - il exprime le bâton et l’action de frapper.

Certains sinologues interprètent ce caractère comme une métonymie, pour exprimer la volonté de combattre la maladie causée par des démons, les armes à la main. Et l’alcool serait là pour se donner du courage, puisque c’est un symbole de force et de virilité.

Mais il y a tout des interprétations plus évidentes. La main qui tient un bâton exprime plutôt l’idée d’une dignité, d’une autorité permise par le savoir – dans la peinture traditionnelle, le sage est souvent représenté un bâton à la main. La flèche, c’est une façon d’évoquer les aiguilles nécessaires à l’acupuncture. Et le signe de l’amphore, bien plus que l’alcool, représente les liquides macérés en général – donc les éventuelles décoctions et autres tisanes que pouvaient préparer les médecins de la Chine antique à partir de plantes, mais aussi d’éléments animaux ou minéraux.

Tous les remèdes, tous les traitements qu’il prodigue doivent tendre vers un but : maintenir l’équilibre du « qì »… Les représentations les plus anciennes du caractère (气) ressemblaient à trois traits qui serpentent l’un à côté de l’autre - c’est-à-dire des nuées, au-delà de la matière, comme un courant d’air insaisissable, une dynamique invisible, un flux évanescent… En médecine, on parle souvent d’« énergie vitale » pour désigner le « qì ». En plantant ses aiguilles là où il faut, en pratiquant un massage comme il faut, en préparant la savante mixture qu’il faut, le médecin chinois ne fait rien d’autre que faciliter une meilleure circulation du « qì ».

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