Passe-muraille - Sinogramme Un  一 - D.Bastard - 5/7 été
Passe-muraille - Sinogramme Un 一 - D.Bastard - 5/7 été © Radio France

Un, en chinois « yī » (一).

Le caractère le plus élémentaire des sinogrammes : c’est tout simplement un trait horizontal. Le chiffre 2, c’est deux traits (二). 3, c’est trois traits (三). À partir de 4, ça se complique – car on ne trace pas 328 traits pour écrire le nombre 328.

Le chiffre un, c’est un trait, symbole logique de l’unité. Et en raison de sa simplicité justement, c’est un signe qui désigne mille et une choses à la fois. On le trace au-dessus du dessin d’un homme, et on obtient « tiān » (天), le ciel, comme un vaste ciel unique au-dessus de nos misérables têtes. « Un », c’est le ciel, mais c’est aussi la terre, l’horizon : si on dessine le soleil au-dessus, on obtient le caractère de l’aube, le lever du jour sur l’horizon du monde (旦).

Dans ce signe « un », le ciel et le monde ne sont donc que deux aspects d’une même chose. Ce signe « un », c’est le signe de l’absolu, l’origine de tous les êtres, de toutes les choses. C’est la seule représentation à peu près acceptable du tao, le principe de base du taoïsme. Le tao, c’est la force fondamentale qui coule en toute chose, en tout être. C’est la matrice de tout, l’essence même de la réalité - ce qui le rend naturellement ineffable, indescriptible. « Le tao que l’on peut nommer n’est pas le tao », disait Lao Zi. On peut seulement en effleurer l’idée dans ce caractère « un », ce trait horizontal qui désigne l’unité mais divise l’espace en deux.

Un dérivé de ce trait, c’est par exemple le symbole du taoïsme – ce rond au milieu duquel serpente une ligne courbe qui sépare une partie noire d’une partie blanche, avec un point de la couleur opposé dans les ronds formés. Ca s’appelle le « tàijítú » (太极图).

C’est ça, le tao, l’unité retrouvée dans le dualisme. Chaque chose a une part yin et une part yang. Et l’essentiel, en tout cas pour nous humains, c’est d’essayer d’harmoniser ces deux énergies. D’où l’importance du juste milieu pour le sage chinois, qui s’emploie à rester également ouvert aux deux côtés d’une même chose.

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