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Vêtement, en chinois, « yīfu » (衣服) : Deux caractères. Le premier, « yī » (衣) c’est se couvrir, se vêtir. Le caractère est tout simplement le dessin d’une tunique. On y distingue un col en haut, matérialisé par un petit coup de pinceau, sous lequel on devine la marque des épaules – soit un trait horizontal. De là, deux obliques partent vers le bas, de chaque côté, comme les amples manches des vêtements chinois de l’Antiquité. Et en dessous, un trait vertical évoque l’ouverture centrale du vêtement. Bref, l’enfance de l’art…

Le second caractère, « fú » (服), est lui un rien plus compliqué. Il désigne le vêtement, l’habit, mais signifie aussi « prendre », « servir », « obéir » et « s’adapter ».

Sur la droite du caractère, on trouve le signe « jié » (卩), un trait vertical avec une sorte de bras tendu vers la droite. Il s’agit à l’origine du dessin d’un fonctionnaire qui présente très solennellement le sceau impérial que lui a confié son souverain. Le pictogramme désigne donc le sceau, mais aussi l’idée d’une certaine dignité, d’une autorité.

A gauche de ce signe, on trouve une sorte de rectangle avec deux traits horizontaux à l’intérieur. C’est là le dessin d’un récipient contenant des tranches de viande. C’est un signe tiré du caractère « ròu » (肉), qui désigne la viande, la viande en général, y compris la chair humaine. Associé la chair à l’idée du sceau, c’est faire du sujet désigné par le caractère quelqu’un de distingué. Ce qui permet de mieux comprendre pourquoi ce caractère de l’habit sert aussi à exprimer l’idée de servir et d’obéir, comme un bon fonctionnaire.

C’est précisément pourquoi on a ajouté ce caractère « fú » (服) au premier caractère « yī » (衣), inspiré du dessin de la tunique. Le vêtement, « yīfu » (衣服), est aussi un important marqueur social dans la Chine antique. Déjà la tyrannie des marques.

D’ailleurs, la robe que portent tous les gens importants est représentée par un caractère, « qún » (裙), composé du signe de la tunique (衤) à côté de celui du seigneur (君).

Avec l’ouverture du pays, dans les années 80, les Chinois découvrent avec une excitation fébrile toute une série de vêtements jusqu’alors interdits dans la pudibonde République populaire. A commencer par la mini-jupe, En chinois, « mínǐqún » (迷你裙). « Qún » (裙), c’est le vieux caractère de la robe - « nǐ » (你), c’est « toi », le pronom de la deuxième personne du singulier, donc l’autre… Et « mí » (迷), c’est l’affolement, la panique, la perte de ses esprits. Ce qui fait de la « mínǐqún », la jupe qui fait perdre la tête aux autres.

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