Ils cherchent le grand frisson, à battre des records, à prouver au monde que rien ne leur est impossible, à faire progresser la recherche scientifique ou tout simplement à vivre autrement. Dans « Passeport pour l’aventure », Christophe Artous donne la parole aux aventuriers pour qu’ils racontent leurs exploits.

Les ours
Les ours © Getty / Murguia©photography

Eric Brossier est un amoureux des grands espaces et du Grand Nord. Cet ingénieur en génie océanique achète à la fin des années 90, un voilier polaire baptisé Vagabond. Ensemble ils vont réaliser plusieurs expéditions et puis au début des années 2000, Eric décide de vivre avec sa femme, France, et leurs deux petites filles, dix mois par an en Arctique sur Vagabond, prisonnier de la banquise.

Au cours des mois, la famille accueille des expéditions scientifiques sportives ou cinématographiques.

Vivre avec le froid et les ours

Pour vivre dans l'Arctique, il faut simplement que le froid devienne un ami

Eric Brossier revient sur l'ours, qui est le plus gros animal qui puisse passer à côté de leur bateau, Vagabond. On en a vu plus de 1 000 passer à côté du bateau. Le navigateur évoque les jeunes ours, plus rapides et plus curieux que les plus vieux. Ils s'approchent ainsi plus près : mais c'est un carnassier, "il a cinq opinels au bout de chaque patte. Donc s'il commence à jouer avec nos équipements et nos chiens, cela ne va pas durer longtemps". Il explique également avoir changer sa méthode pour les faire fuir : du coup de feu tiré en l'air au fumigène, la famille est passé aux cris et aux coups sur des casseroles, ce qui marche à chaque fois. 

Il y a quand même deux mois en gros où il fait nuit. Mais dans cette nuit sans soleil, il reste les étoiles, les aurores boréales, la Lune. Tout cela reste des sources de lumière

L'ingénieur revient sur le temps et dit que durant certains mois de l'année "la différence de lumière entre midi et minuit est ténue, il y a un petit halo". 

"Chaque jour, le soleil se rapproche de l'horizon. Le disque solaire dépasse un peu plus. J'ai les larmes aux yeux à ce moment-là, quand il revient, c'est vraiment très émouvant. On ne peut pas les retenir, c'est vraiment une très heureuse surprise."

Une vie hors-normes ? 

"Je n'estime pas avoir une vie hors-normes. Je le sens quand je vois les questions des gens. Bon, c'est vrai qu'on a une vie différente. Mais par rapport à nos amis Inuits, on a tellement de choses encore à apprendre par rapport à ces chasseurs qui maîtrisent l'environnement."

Ça fait 14 ans qu'on vit sur Vagabond, la normalité s'est décalée. C'est notre mode de vie, les enfants ne connaissent que ça, ils se sont adaptés.

"Une fois que l'on a appris à vivre dans ces conditions, donc à se nourrir, à se comporter, s'habiller, on vit, à mes yeux comme un peu partout dans le monde. On a une vie proche de la nature, en harmonie avec sa famille. Et on tente d'avoir une vie sociale autant que possible. Les villages sont reculés. C'est vrai que la plupart du temps, on est dans des endroits assez reculés, isolés et sauvages. Mais on devient bon dans un environnement aussi pur, aussi peu modifié par l'homme."

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