Ils cherchent le grand frisson, à battre des records, à prouver au monde que rien ne leur est impossible, à faire progresser la recherche scientifique ou tout simplement à vivre autrement. Dans « Passeport pour l’aventure », Christophe Artous donne la parole aux aventuriers pour qu’ils racontent leurs exploits.

Un voyage à moto
Un voyage à moto © Getty / Cavan Images

Mélusine Mallender, jeune parisienne, a décidé, en 2010, d’offrir un dernier voyage à sa vieille moto 125 cm3 japonaise, et de partir en solitaire avec pour seul bagage, une tente. Son projet va l'emmener tout à l’est de la Russie.

Mon garagiste m’avait dit : "Non mais vous ne dépasserez même pas le périphérique". Finalement, quatre mois et 22 000 kilomètres plus tard, je me suis retrouvée à Vladivostok.

Des paysages à couper le souffle

"Les premiers jours ont été les plus difficiles, il y avait plein de doutes : c’est une petite 125. Ça n'avance pas vite, mais j’arrive à Bratislava. Je découvre un peu l’Autriche. Après l’Ukraine, c’est vrai que le climat va changer. On a cette Russie très plate, de grandes lignes très droites, des bouleaux, vraiment la steppe russe avec des villes moches de HLM. Mais cela comment à être autre chose, donc ça y est, j’ai démarré l’aventure."

Après c’est le Kazakhstan, on commence à avoir vraiment une terre aride, sèche... On commence à voir des chameaux sauvages. Pour moi, c’était génial, j’étais ailleurs ! 

Des moments forts en émotions

"Au milieu de la Mongolie, j’ai rencontré un petit papy. Je suis arrivée devant sa yourte : la moto tombe et je casse une pièce. Lui me dit 'pas de souci'. Il me prend par la main, il me montre un endroit et me dit : 'Tiens, tu peux t’installer là'."

Mélusine raconte alors que durant deux jours, elle s'est entretenue avec l'homme "sans mots et avec douceur". Ils vont réparer la moto ensemble et "je vais lui donner ma moto (alors que je donne jamais ma moto !). Il est parti faire un tour et lorsqu’il est revenu, il avait ce sourire d’enfant. C’est un des plus jolis moments que j’ai eu et le plus fort." 

Une belle fin

Plusieurs fois, la moto se casse durant le voyage à travers le Kazakhstan. Mélusine raconte que des motards russes vont lui offrir des bougies japonaises afin qu'elle continue son voyage.  

À la fin, la moto était un patchwork. 

"On termine l’aventure à Vladivostok littéralement. On arrive à la mer ensemble puis la moto va s’arrêter. C’est la plus belle fin que je pouvais avoir avec cette moto, c’est-à-dire faire ce dernier voyage avec elle et c’est aussi le plus triste car même si c’était une machine, elle était importante pour moi. Cette moto, elle m'a donnée accès à la liberté." 

"Avant de partir, on m’a dit : « Tu ne pourra pas le faire, ce n’est pas possible. Un, tu es une bonne femme, deux ta moto est pourrie, trois, c’est une 125 elle ira jamais loin, quatre c’est trop dangereux etc… ». Après ce voyage-là, il n’y avait plus de limite et j’avais envie de le dire. Allez-y partez découvrir le monde, allez voir par vous-même et vous verrez bien que c’est effrayant mais c'est beau."

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