Pourquoi tant de biopics?

Prochainement dans vos salles : un DSK avec Jacqueline Bisset et Depardieu dans le rôle de l’Ogre présidentiable, une vie de Freddy Mercury, de Dalida, de Janis Joplin, de Lance Armstrong et d’Yves Saint Laurent, deux fois même, puisque Bertrand Bonello et Jalil Lespert travaillent, chacun de leur côté, à un film sur la vie du couturier décédé en 2008. Depuis une dizaine d’années, aussi bien en France qu’aux États-Unis, le fond de l’air est aux biopics , genre pourtant risqué si l’on se souvient du fiasco de celui consacré à Coluche et du succès mitigé obtenu par le très arty Gainsbourg de Joann Sfar ou le récent Steve Jobs.

J.Edgar
J.Edgar © Radio France

Avant de lui prêter de profondes intentions, le biopic répond d’abord (et peut-être surtout) à une série de causes et de contingences économiques prosaïques. Nul n’ignore le célèbre mot d’André Malraux :“Le cinéma est aussi une industrie” et cette industrie est devenue frileuse. Or le biopic constitue, avec les adaptations en batterie des super-héros de comics, l’une des valeurs sûres du moment. Tout d’abord, pas besoin d’expliquer en long et large qui étaient Marylin Monroe ou Jim Morrisson, la célébrité fait office de marque, connue et reconnue. Mieux, ces marques ont déjà un public, une base de spectateurs fans sur lesquels le box-office pourra compter et qui, après deux heures trente de Clo-Clo, se précipiteront chez leur disquaire afin de vérifier qu’aucun album ne manque à leur collection. Ce sont ensuite, pour les acteurs, de formidables voitures balais à Oscars et/ou Césars : c’est l’un des mythes tenaces de la profession, comme si le talent d’un acteur se mesurait à sa capacité à se métamorphoser, cette fameuse “performance d’acteur” qui, depuis Niro prenant 30 kilos pour le rôle de Jake La Motta dans Raging Bull , remporte tous les suffrages Pourtant, à Hollywood, la tradition du biopic (littéralement “biographie filmée”) remonte aussi loin que les débuts du cinéma. C’est même un genre en soi qui, régulièrement, retrouve de la vigueur: les vies de Napoléon, Jeanne d’Arc, Buffalo Bill, Jesus, Al Capone ou encore Lincoln ont ainsi fait l’objet d’innombrables adaptations, toutes périodes confondues. Après tout, dès 1899, George Méliès consacrait déjà un biopic à Cléopâtre. Cela dit, le genre connaît des hauts et des bas, et fonctionne par cycle (les années 1930, aujourd’hui), comme si les stèles cinématographiques dressées aux célébrités de notre monde, visaient moins à expliquer le passé qu’à éclairer notre présent. Mais à quoi sert donc le biopic ? Ont-ils évolués ? Que nous disent, aujourd’hui, les vies de Claude François et de Johnny Cash, et bientôt de Freddy Mercury, Keith Richards Simone de Beauvoir ?

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