À quoi servent aujourd’hui les critiques de cinéma ? Voici une question aux allures de ritournelle, une interrogation qui ressort régulièrement de terre et y retourne illico toujours accompagné des mêmes soupirs de nostalgie : l’incontournable perte d’influence de la critique de cinéma, l’espace peau de chagrin que lui réserve aujourd’hui la presse et la télévision, la prolifération des critiques amateurs, la difficulté des revues de cinéma spécialisées, bref, la liste est longue qui suscite, pour les uns, le dépit, pour les autres, une légère condescendance : Ah Bazin, Bory, Daney, l’âge d’or ! Serge Daney, justement, dont il sera forcément question dans l’émission, avait cette belle formule : “le critique est un passeur”. Mais il faudrait déjà s’entendre sur ce qu’est un critique de cinéma, en quoi consiste son travail. Au fond, y a-t-il une différence entre un journaliste de cinéma, un chroniqueur, un commentateur, un internaute publiant sur son blog un billet d’humeur ou d’analyse et un critique de ci néma ? Et si le tweet était l’avenir de la critique ?

Image sur la critique
Image sur la critique © Radio France / Cahiers du cinéma

Le critique est donc un passeur, certes. Mais il y a plusieurs façons de passer : on peut aider à passer en contrebande des films fragiles sur la rive de la visibilité, en tentant d’échapper aux sentinelles toujours plus nombreuses du marketing et du formatage. On peut passer son temps à prêcher dans le désert en espérant qu’un cinéphile égaré, parfois, entende votre petite voix, on peut aussi passer les plats, tant est forte la tentation, voire l’obligation, du discours promotionnel. Et puis, on peut passer une heure, ce qui sera notre cas aujourd’hui, à se demander si tout va vraiment si mal, si la critique de cinéma n’est pas tout simplement en train de muter vers une forme nouvelle, et pourquoi pas réjouissante ?

L'Instant B.O. :

Réalisé en 1968, The Party marque sans doute le sommet de la collaboration artistique entre Henry Mancini et Blake Edwards. Le thème principal du film s'ouvre avec le sitar de Ravi Shankar, compositeur et muscien indien très en vogue à l'époque, qui signale l'intrusion de la pop music et du flower power au sein d'un thème jazzy combiné à des touches d'Easy Listening.

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Henry Mancini, The Party, 1968 © Radio France / United Artists

Luc Lagier et Charles Tesson invités de Pendant les travaux....
Luc Lagier et Charles Tesson invités de Pendant les travaux.... © Radio France

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