Comment filmer le peuple ?

Duel au soleil, Le Rebelle, La Furie du désir, La Foule, Une romance américaine , ce soir, nous ouvrons le dossier King Vidor. Il fut sans doute le plus américain de tous les cinéastes hollywoodiens classiques. Né au Texas la même année que le cinéma, en 1895, King Vidor a traversé le cinéma américain de de 1919 à 1959, signant une série de films majeurs de l’histoire d'Hollywood, qu’il s’agisse d’abord de La Grande parade , en 1925, d’Hallejuiah , son premier film parlant en 1929 intégralement interprété par des acteurs noirs ou deNotre pain quotidien en 1934, formidable chant à la gloire du New Deal. Au début des années 1930, la gloire de Vidor est à son comble, écrivez-vous Jean Loup Bourget. Il est le cinéaste américain par excellence, une sorte d’équivalent de F. Scott Fitzgerald dont il est l’ami et qui lui a servi de mentor lors de son premier voyage à Paris en 1928. Dans une nouvelle de 1932, Crazy Sunday, Fitzgerald le dépeint sous le nom de Miles Calman et le décrit comme le seul cinéaste né en Amérique qui ait une ambition artistique.

La foule
La foule © Radio France

Sur l’échiquier politique américain, Vidor, comme John Ford d’ailleurs, reste difficile à situer, tant son profil apparaît composite : comment savoir où situer le curseur entre le discours collectiviste de Notre pain quotidien et le sentiment de malaise provoqué par des séquences de massacres des Indiens dans Le Grand Passage ? Comment savoir si Le Rebelle célèbre l’intégrité d’un homme ou celle de l’individu contre le peuple ? La contradiction semble être au cœur de l’œuvre Vidor : contradiction d’un cinéaste auteur à l’intérieur d’une industrie hollywoodienne qui a mutilé bon nombre de ses films, contradiction, dans ses films, entre l’individualisme parfois pathologique de ses personnages, et la nécessité, toute américaine, de faire peuple malgré tout. Comment filmer le peuple ?

duel au soleil
duel au soleil © Radio France

l'instant BO

The Ladykillers

The Ladykillers
The Ladykillers © Radio France

le panier de la ménagère

  • le choix de Stéphane Bou :

la revue Critique Août/septembre 2013 disponible en librairie

à lire notamment l'article de Jean-Loup Bourget : King Vidor un auteur à Hollywood

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revue Critique © Radio France
  • Les choix de Jean-Loup Bourget

L'Amérique des images:Histoire et culture visuelles des Etats-Unis (dir. François Brunel), coédition Hazan / Université Paris Diderot

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Le Mystère d'Oberwald, Miguelangelo Antonioni(sortie en DVD chez Carlotta)

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