C’est probablement devenu l’anathème ultime que l’on jette à la face d’un film pour le disqualifier. Dire d’un film qu’il est ennuyeux, soporifique, revient à lui apposer le pire des labels. L’ennui, donc, ou le meilleur moyen de tuer le désir potentiel d’un spectateur d’aller y voir. On le sait, certains cinéastes traînent avec eux une réputation d’ennui, Michelangelo Antonioni, Philippe Garrel, les derniers films de Godard, ceux des Straub et plus récemment Oncle Boonmee du cinéaste thaïlandais Apichatpong Weerasethakul qui s’est vu décerné la Palme d’or à Cannes en 2010, et par ses détracteurs, celle de l’ennui.

Anna Karina dans Pierrot le fou
Anna Karina dans Pierrot le fou © Radio France / Retour sur Image

À première vue, on se dit que l’ennui qu’on éprouve à la vision d’un film dépend de sa vitesse, de la durée de ses plans, du nombre d’actions qui s’y déroulent, comme si le remplissage et le bruit permettait de se prémunir contre le sommeil du spectateur ou pire, sa fuite. Cela dit, l’ennui n’est pas toujours le signe d’une faiblesse, il peut même constituer un projet. Provoquer l’ennui chez le spectateur, certes, mais dans quel but ?

Jean-Luc Godard disait que dans un film, un plan n’est ni trop long, ni trop court, mais que sa durée est juste ou ne l’est pas.Mais qu’est-ce qu’une durée juste au cinéma ? Comment la définir ? Et puis, sommes-tous égaux devant l’ennui au cinéma ? Est-il le contraire du divertissement, et par conséquent la preuve d’une intelligence secrète à laquelle certains auraient accès, et pas d’autres ?

Thierry Jousse invité de Pendant les travaux
Thierry Jousse invité de Pendant les travaux © Radio France

L'instant B.O. :Conversation Secrète, David Shire

Affiche "Conversation Secrète", Francis Ford Coppola
Affiche "Conversation Secrète", Francis Ford Coppola © Radio France / Coppola
Entre les deux premiers volets du Parrain, Coppola signe _Conversation secrète_ , un film dont il a eu l’idée en 1967 et sur lequel plâne le fantôme du _Blow Up_ de Michelangelo Antonioni. Coppola demanda à David Shired’écrire la partition du film, non pas pour un orchestre, mais pour un seul instrument, le piano, dont Coppola avait pressenti qu’il décrirait à merveille les états d’âme de son personnage, un homme seul, triste et taciturne, rongé par une forme de vide existentiel. Lorsque Shire composa ce thème, il n’avait pas encore vu la moindre image du film. ## Evénement(s) lié(s) [Holy Motors](/evenement-holy-motors) ## Les liens [Easy tempo par Thierry Jousse](http://sites.radiofrance.fr/francemusique/em/easy/emission.php) [Cinéma Song ( Août) par Thierry Jousse sur France Musique](http://sites.radiofrance.fr/francemusique/em/cinema-song/emission.php) le samedi de 11h à 12h30
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