Michael Mann
Michael Mann © Radio France

A quoi tient la magie Michael Mann?

C’est sans doute le plus grand cinéaste américain en activité, celui dont chaque nouveau film est attendu comme le graal par une partie toujours plus grande de la critique et des cinéphiles. Heat, Révélations, Collateral, Miami Vice et le récent Public Ennemies, constituent autant de grands sauts esthétiques et technologiques qui ont rebattu les cartes du cinéma hollywoodien. Combien de polars ont singé le style et le souffle de Heat, film cathédrale qu’il réalise en 1995 avec Robert De Niro et Al Pacino ? Il ne faut plus guère plus de quelques plans pour reconnaître le style si particulier de Mann : une prédilection pour les univers urbains et cristallins, et en particulier Los Angeles, ville dont il a su renouveler l’image, un goût pour les hommes solitaires et concentrés, une manière de filmer aérienne et contemplative qui privilégie le détail et les regards inquiets, enfin une vision du monde contemporain qui allie fascination et mélancolie. Mann se tient comme un funambule, toujours à la lisère du cinéma populaire – en l’occurrence le cinéma de genre – et de l’expérimentation pure et dure, comme en témoigne Miami Vice, blockbuster admirable, sommet de précision et d’audace fabriqué au cœur de la machine hollywoodienne.

Né en 1943 à Chicago, Michael Man apparait sur la scène cinématographique en 1981 avec le Solitaire, un polar de haut vol dans lequel James Caan incarne un cambrioleur fatigué désireux de raccrocher les perceuses et de fonder, enfin, une famille. Mais c’est en 1986, avec la série Deux flics à Miami qu’il produit, que Mann sort du bois : avec ses flics flanqués de costumes Cerruti et de chemises hawaïennes, ses ambiances ultrasophistiqués et ses musiques électroniques, Deux flics à Miami invente l’esthétique dominante des années 1980. Une vision clinquante et kitsch de l’Amérique, mais aussi très sombre, peu éloignée de celle qui séduira Tony Montana dans le Scarface de Brian DePalma. Tout au long de sa carrière, Michael Mann ne cessera de revenir à la télévision, son véritable laboratoire, jusqu’au récent Luck, série produite par HBO sur le monde du hippisme avec Dustin Hoffman et Nick Nolte. Longtemps considéré comme un cinéaste décoratif, Michael Mann a connu son premier grand succès public avec Le Dernier des Mohicans, en 1992, depuis, Mann s’est toujours situé à contre-courant de ce qu’on attendait de lui, suffisamment proche pour garder le contrôle commercial et artistique de ses projets, suffisamment loin pour inventer des formes nouvelles et des manières de raconter inédites qu’il jette avec élégance à la face d’une industrie hollywoodienne de plus en plus minée par le formatage et l’infantilisme.

L'instant BO

Mohican
Mohican © Radio France

En 1992, Michael Mann réalise une adaptation remarquable du roman de James Fennimore Cooper, Le Dernier des Mohicans, avec Daniel Day-Lewis et Madeleine Stowe (notamment). Remarquable film d'aventures un des meilleurs qui soient, et un des meilleurs films de Michael Mann aussi, il est servi par une bande originale signée de deux excellents compositeurs, Trevor Jones et Randy Edelman.

Le panier de la ménagère

TheWire
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The Wire, l'Amérique sur écoute, éditions La Découverte

L'Antigang2
L'Antigang2 © Radio France

DVD L'antigang Burt Reynolds. Rimini Editions

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