Sans un petit film fauché réalisé en 1968 et en noir et blanc par un jeune cinéaste en colère, George Romero, il y aurait eu peu de chances que 45 ans plus tard, on en vienne, ici-même, à se poser cette question a priori délirante : Sommes-nous tous des zombies ?

Affiche white zombie
Affiche white zombie © wikimedia commons / wikimedia commons

Certes, la figure du zombie existait bien avant La Nuit des morts-vivants , dans le cinéma, bien sûr, en littérature et même dans la Bible si l'on se souvient de Lazare revenant d'entre les morts à l'occasion d'un processus étrange qu'à l'époque, on n'appelait pas encore la zombification, mais la résurrection.

Pourtant, en dépoussiérant le mythe de ses oripeaux folkoriques et vaudous, George Romero inventa le film d'horreur moderne et offrit l'image la plus juste des enterrés vifs d'une histoire américaine faisant violemment retour.

Mieux, il fit du zombie une métaphore tous terrains, capable de dire, décennie après décennie, les maux de notre société contemporaine, de la folie consumériste dans Zombie en 1979 à la paranoïa post-Katrina et post-11 septembre dans Land of the dead en 2005.

La progression irrésistible du zombie sur la surface de la terre a sans doute atteint son point d'orgue au milieu des années 2000, avec les "zombie walk", ces marches au cours desquelles les participants, dans une ambiance festive et familiale, se griment en morts-vivants et exécutent dans les rues des grandes villes, des chorégraphies inspirées du clip Thriller de Michael Jackson.

Alors sommes-nous tous devenus des zombies ? Il nous arrive de leur ressembler, au réveil parfois, ou à l'issue d'une soirée arrossée, lorsque d'une démarche incertaine et mécanique, nous vociférons des borborygmes dignes du râle mélancolique des morts-vivants.

Plus sérieusement, comment le zombie a-t-il réussi à passer de la clandestinité à la pleine lumière, de la marge au mainstream ? Comment expliquer aujourd'hui son incroyable popularité, tant dans le cinéma, que dans la bande dessinée, la série télévisée ou le jeu vidéo. Est-ce parce que, comme le dit l'un des personnages du Jour des morts-vivants en 1985, "ils sont comme nous" ? Le sont-ils vraiment ?

François Angelier invité de Pendant les travaux
François Angelier invité de Pendant les travaux © Radio France

L'instant B.O. : Ténèbres des Goblin, 1982

Goblin Soundtrack
Goblin Soundtrack © Radio France / Radio france

En 1982, Argento vient à Rome tourne un giallo , Ténèbres , centré sur un tueur obsédé par les romans d'un écrivain américain de passage en Italie, et confie la musique du film aux Goblin, devenu depuis Profondo rosso.

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"Mauvais genres" par François Angelier Mauvais genres est une émission de France Culture produite par François Angelier. Tous les samedis de 22 heures à minuit.

Tout feu tout flamme par François Angelier

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