Affiche du film "Que la bête meure", 1969
Affiche du film "Que la bête meure", 1969 ©

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"Que la bête meure", "Madame Bovary", "Le Beau Serge", "Inspecteur Lavardin", "La Cérémonie", "Violette Nozières", "Merci pour le chocolat", "Marie-Chantal contre le docteur Kha", l'oeuvre de Claude Chabrol est immense - près de 60 films - inégale, et compte sans doute autant de grands films que de ratages sympathiques. De 1959, année du "Beau Serge", son premier film, à 2010, année de sa disparition, Chabrol a fait partie du paysage cinématographique français comme un oncle bienveillant, nous rappelant chaque année combien nos semblables ne sont pas forcément ce qu'ils semblent être.

Fasciné par les apparences et ce qu'elles dissimulent, Claude Chabrol aura fait du récit policier sa forme de prédilection et porté une attention délicate aux criminels les plus ordinaires. En digne admirateur des films de Fritz Lang, mais aussi d'Hitchcock, Chabrol a toujours su maintenir ses personnages, et donc les spectateurs, dans le flou d'intentions fluctuantes, au coeur des forces et des pulsions contraires qui agitent les individus. Jean Yanne dans "Le Boucher", à la fois bourreau et victime, Michel Bouquet dans "La Femme infidèle", cocu meurtrier et fou d'amour ou Isabelle Huppert, juge éprise de justice et femme sadique dans "L'Ivresse du pouvoir". En cinquante ans de carrière, Chabrol a finalement tracé un chemin peu fréquenté, entre cinéma d'auteur et cinéma de distraction, comme il aimait le répéter, un cinéma populaire exigeant qui, l'air de rien, aura enfoncé de nombreux coins dans cet humanisme confortable qui guette plus que jamais le cinéma français.

Mais Chabrol est-il vraiment un grand cinéaste ? Trois ans après sa disparition, est-il toujours, ou plutôt reste-t-il seulement ce radiographe acéré et gourmand de la petite bourgeoisie française ou bien, comme le pensent ses admirateurs, était-il un grand moraliste? Au fond, y a -t-il une métaphysique chabrolienne ?

L'instant BO du jour :"Body Double", Pino Donaggio

"Body Double" Pino Donaggio
"Body Double" Pino Donaggio ©

Né en 1941, cet ancien élève du conservatoire Marcello Benedetto de Venise, violoniste prodige à l'âge de 14 ans, mit brutalement fin à sa carrière classique en 59, lorsqu'il découvrit le Rock n'Roll. Après avoir chanté aux côtés de Paul Anka, Pino Donaggio devint l'une des valeurs prometteuses et à succès de la variété italienne.

En 1973, il croise la route du cinéma et signe avec "Ne vous retournez pas" de Nicolas Shrug sa première bande originale de film. Trois ans plus tard, il compose la musique de "Carrie", soit le début d'une longue et prolifique carrière spécialisée dans le thriller et le film d'horreur.

Mais "Carrie" marque aussi la rencontre déterminante avec Brian de Palma, dont il deviendra l'un des compositeurs fétiches. Pino Donaggio composera ainsi les musiques de "Blow Out", "Pulsions", "L'Esprit de Caïn" et même du récent "Passion"; et de celle dont vous entendez le thème principal, "Body Double".

Cette petite ritournelle envoûtante et sucrée, typique du style de Donaggio se déclenche à chaque petite séance de voyeurisme de son personnage principal, une sorte d'acteur de série B claustrophobe qui depuis la maison somptueuse que vient de lui prêter un ami, observe au télescope les danses langoureuses de sa voisine Gloria.

Retour avec... Jean-Pierre Mocky :

Affiche du film "Que la bête meure", 1969
Affiche du film "Que la bête meure", 1969 ©
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