C’est l’histoire d’un homme qui a traduit en allemand les sonnets de Shakespeare et filmé les problèmes de cœur de la petite bourgeoise américaine dans des mélodrames, qu’à l’époque, la critique institutionnelle méprisait. Cet homme, c’est Douglas Sirk, cinéaste né à Hambourg en 1897, intellectuel raffiné, élève de l’historien d’art Erwin Panofsky, directeur de théâtre puis cinéaste.

En Allemagne d’abord puis à Hollywood, où il s’exile en 1937. Après être passé par plusieurs genres, Sirk va s’installer et s’illustrer, à partir du début des années 1950, dans le mélodrame, genre de l’excès, de l’artificialité, du lyrisme et du fatum. De 1953 à 1959, Sirk réalisa ainsi une série de films prodigieux : Le secret magnifique, Tout ce que le ciel permet, Écrit sur du vent et Le Mirage de la vie, critique virulente de l’Amérique des années 1950 et de ses préjugés, et chef d’œuvre somptuaire qui signe la fin de la carrière hollywoodienne de Douglas Sirk.

Aujourd’hui, dans Pendant les travaux, pas question d’embrasser toute la carrière de Sirk, une 40aine de films, mais de se concentrer sur son âge d’or, celui des mélodrames bien sûr, ce genre étrange et plus complexe qu’il n’y parait à propos duquel Jean Douchet écrivit qu’il était la tragédie pour ceux qui ont le loyer à payer.

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