Au nom de quoi faut-il aimer les films d'Elio Petri?

Avec Paola Petri, Philippe Chevassu et Jean Gili depuis Rome

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enquête © Radio France / Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon

Enquête sur un citoyen au dessus de tout soupçon est, encore aujourd’hui, plus de quarante ans après sa réalisation, un film plus connu que son auteur, Elio Petri. Personne n’a oublié l’interprétation extravagante de Gian Maria Volonte dans le rôle d’un flic meurtrier et théoricien de la répression policière, personne n’a oublié le style de ce film grimaçant et baroque, ni la musique entêtante d’Ennio Morricone, que vous entendez en ce moment. Pour être juste, il faudrait aussi citer La Classe ouvrière va au paradis, réalisé un an plus tard, avec le même Volonte, un film radical, prophétique et peu aimable, dans lequel un ouvrier découvre, un terme d’un parcours moral et politique, le cimetière des idéaux révolutionnaires et l’impossibilité du changement social. Pourtant, Petri n’est pas né au cinéma en ce début des années 1970, mais une dizaine d’années plus tôt, avec L’Assassin et le formidable Les Jours comptés, deux films déjà majeurs d’une filmographie qui en compte 14. Né à Rome en 1929, ancien assistant du néo-réaliste Giuseppe de Santis, Elio Petri a construit une œuvre à la fois très italienne et très personnelle, rugueuse et inventive, développant la vision d’un monde hanté par les fantômes du fascisme et de Kafka. Chez Petri, l’aliénation, la schizophrénie et la folie qui gangrènent les institutions comme les esprits, sont moins le fait d’individus en particulier que de forces qui s’enracinent au profond de nous-mêmes, enfants du capitalisme et de la loi du marché, de la magie noire du pouvoir, medias et de la démocratie chrétienne.

Alors espérons qu’après les récentes rééditions de L’Assassin, des Jours comptés et cette semaine, de La propriété, c’est plus le vol, Elio Petri retrouve sa juste place, la plus haute, dans une histoire du cinéma qui n’a jamais vraiment su quoi en faire.

La propriété
La propriété © Radio France

Jusqu'au 18 février découvrez ou redécouvrez La propriété, c'est plus le vol !(La proprieta non e piu un furto ) au Champollion, 51 rue des écoles, 75005 Paris Séances : Tous les jours 14h10, 16h30, 19h, 21h20

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Monnomestpersonne © Radio France

BO de Mein name ist nobody, musique d'Ennio Morricone. Film de Sergio Leone (1973) avec Terence Hill et Henry Fonda

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