Les frères Lumière, déjà, se voulaient reporters et parcouraient la planète à la recherche d’images d’actualités, tandis que George Méliès reconstituaient dans son studio de Montreuil certains des grands évènements de ce siècle. A peine sut-il filmer que le cinéma s’est mis à chasser sur les terres du journalisme et des médias, cherchant lui aussi à documenter le monde et sa réalité, à informer les spectateurs tout en les divertissant. Précisément, de l’information au divertissement, et l’on passe de l’innocence des faits – les faits sont là, pourquoi les manipuler ? – à la préméditation propre à toute logique commerciale. Car, pour paraphraser André Malraux évoquant le paradoxe du cinéma, les médias sont aussi une industrie. Dès lors, comment concilier la neutralité et le scoop, l’idéalisme d’un homme et la séduction du plus grand nombre ?

Affiche Network
Affiche Network © Radio France / Radio France

De Front Page de Billy Wilder à Network de Sidney Lumet, de Citizen Kane à Erin Brokovitch, d’Un homme dans la foule de Kazan à Révélations de Michael Mann, le cinéma, tout du moins hollywoodien, n’a cessé de revenir sur la case des médias, comme si le journaliste constituait le thermomètre idéal de la bonne santé démocratique d’une société. De la figure lincolnienne du journaliste intègre, capable de se dresser tout seul contre les puissances du pouvoir et de l’argent, à l’image du tandem Woodward/Bernstein dans Les Hommes du président , à son homologue corrompu, prêt à toutes les compromissions pour un scoop juteux, de James Stewart dans L’Homme de la rue au pamphlétaire Michael Moore, comment la figure du journaliste a-t-elle évolué au cours des décennies ?

Au fond, le journalisme et le cinéma courent-ils après le même lièvre ? Entendent-ils la même chose lorsqu’il évoque tous les deux la recherche de la vérité ? Enfin, après des décennies de films critiques, conspuant, souvent avec talent et acuité, les dérives médiatiques, le cinéma n’a-t-il pas déjà tout dit et redit ? Dans sa critique des médias, ne tourne-t-il pas toujours un peu en rond ?

L'instant B.O. : Parallax View , Michael Small, 1974

On doit à Michael Small une cinquantaine de bandes-originales, parmi lesquelles celles de Marathon Man , des Femmes de Stepford , de La Fugue et bien sûr celle des films d'Alan Pakula, avec lequel il collabora à seize reprises... Voici celle qu'il composa en 1974 pour A cause d'un assassinat - The Parallax View - sommet cinématographique et musical d'une trilogie de thrillers paranoïaques réalisés par Pakula au mitan des années 1970. Dans ce film, Warren Beatty interprète un journaliste qui, enquêtant sur le meurtre d'un sénateur candidat à l'élection présidentielle, tombe peu à peu dans le piège d'une conspiration aux ramifications multiples.

Parallax view
Parallax view © Radio France / Radio France
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