Avec son visage d'ange fébrile, ses cheveux blonds et son corps sec, Richard Widmark restera comme l'une des gueules les plus identifiables et émouvantes du cinéma américain de ces 50 dernières années.

Dès son premier film "Le Carrefour de la mort" en 1947, Widmarck incarnait un psychopathe ravagé et ricaneur, balançant dans un escalier le fauteuil roulant d'une paralytique. Succès immédiat : la Fox tient sa nouvelle star. Acteur tout terrain, Widmark enchaîne les personnages fragiles et névrosés, ces petites frappes magnifiques dans lesquels il excelle, entre ports de la drogue et villes abandonnées. Tous les grands font appel à lui : Samuel Fuller (Pickup on south street), Jules Dassin (Night and the city), Otto Preminger (Saint Joan), John Ford (Two rode together)... La fragilité, la nervosité, la vitesse, le sentiment d'une implosion imminente appartiennent au répertoire de l'acteur Widmarck. Parce qu'il employait le monde à fleur de peau, ce looser digne possédait un coup d'avance sur un cinéma américain valorisant jusqu'aux années 1950 les acteurs massifs, droits dans leurs bottes et leurs certitudes : Kirk Douglas, John Wayne, Robert Mitcbum, Burt Lancaster et Gary Cooper.

Cela nous apparaît aujourd'hui évident : Richard Widmark le désespéré pavait sans doute la route des acteurs stars des années 1970 et leur obsession de l'échec.

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