Soudain, des myriades de nénuphars jaillissent de la rivière, le soleil vire à l'orangé, des femmes vêtues de tenues colorées dévalent les collines puis, derrière les enluminures d'un palais aux allures de pudding en stuc, elle et lui apparaissent, deux tourteraux au sourire impeccable. Ils se figent, se regardent d'un oeil sirupeux, prêts à se déclarer leur flamme façon Tandoori. C'est parti pour dix minutes de danse, de chant, de mouvements de foule et de félicité partagée, le tout en cinémascope et en musique. Ils s'appellent Karisma Kapoor, Aamir Khan, Aishwarya Rai ou encore Shah Rukh Khan. En Inde, ce sont des demi-dieux, les Julia Roberts et Tom Cruise locaux, adulés par des millions de spectateurs à travers les 13 000 salles que compte le pays. Nous sommes à Bollywood, la Mecque du cinéma indien, le temple du kitsch et du bigger than life. Pourtant, ici aussi, les studios tiennent la production d'une main de fer et fabriquent à la chaîne des blockbusters fleuve et calibrés, Sholay, Mission Kashmir, Om Shanti Om, ou encore Lagaan, qui fut nominé aux Oscars en 2002. Les films de Bollywood s'apparentent à des comédies musicales, mâtinées d'action et invariablement centrées sur un amour contrarié. On appelle cela des "massala", des variations infinies autour de quelques thèmes et histoires populaires dont le parangon serait Devdas , roman de Sarat Chandra à mi-chemin entre Madame Butterfly et de Romeo et Juliette, déjà porté à l'écran plus d'une vingtaine de fois.

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bollywood © Radio France / radio france

Les films de Bollywood développent une esthétique flamboyante et kitsch dont le modèle visuel serait "Les mille et une nuits". Ici, tout est fait pour accentuer la différence entre la réal...ité et la fiction, et l'artificiel y règne en maître. Et si, se produisait là-bas l'un des derniers cinémas populaires et culturels du monde puisque ces films ne visent pas, contrairement au cinéma hollywoodien aujourd'hui moins américain qu'universel, à atténuer les épices locales au profit d'un marché occidental à conquérir, mais à les réaffirmer. Au fond, passé le cliché de la féérie pâtissière sur fond de mélodrame sirupeux, que savons nous de Bollywood ?

L'Instant B.O : Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia , Jerry Fielding, 1974

La courte carrière de Jerry Fielding - mort à 58 ans en 1980 - fut en partie éclipsée par la formidable partition qu'il écrivit en 1969 pour La Horde Sauvage de Sam Peckinpah, cet immense western baroque et élégiaque qui changea, à jamais, le visage du cinéma américain. Fielding devint par la suite, le compositeur fétiche de Michael Winner et bien sur de Peckinpah pour qui il écrivit les musiques des Chiens de paille, de Junior Bonner, de Tueur d'élite et de celle-ci, "the killer rhapsody", la rhapsodie du tueur, extraite de la bande originale d'Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia composée en 1974.

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Apportez moi la tête © Radio France / radio france

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