Les films de James Cameron annoncent-ils le cinéma de demain?

avec Christophe Gans, réalisateur de La Belle et la Bête , actuellement en salles

Avatar
Avatar © Avatar - Zoe Saldana © Twentieth Century Fox France

Pour commencer, une évidence : le cinéma s’est construit à coup de démonstrations de forces technologiques, depuis ses origines lorsque Méliès, dès les années 1900, coloriait à la main les photogrammes noir et blanc de ses petites bandes délirantes, jusqu’à la récente 3D, en passant par le parlant, la couleur le cinémascope et les caméras DV. Après tout, avec son titanesque Avatar , réalisé en 2009, James Cameron n’a fait que réinscrire ses pas dans ce désir de produire des impressions sensorielles vertigineuses où le spectateur, hypnotisé, ébahi, projeté dans des univers toujours plus attractifs, finirait par oublier son propre corps. Cela fait déjà longtemps que les magiciens du disque dur tentent de brouiller la frontière entre les mondes, à la recherche d’effets de sidération capables de faire croire aux petits spectateurs immobiles que nous sommes, qu’aller au cinéma, se planter devant un écran, c’est vivre et par procuration, une expérience bigger than life.

Né en 1954, d’origine canadienne, James Cameron a signé sans doute quelques un des films les plus importants du cinéma américain de ses trente dernières années. Aliens, Abyss, les deux Terminator, Titanic, autant de blockbusters que la critique institutionnelle a souvent regardé de haut, sans voir combien la passion technologique était, pour lui, moins un argument industriel, qu’un objet d’innovation et de ravissement, de fascination mais aussi d’inquiétude, et surtout l’objet d’un questionnement radical sur la place de l’humain à l’heure des mondes virtuels et de la technophilie. Souvenez-vous de la fin d’Avatar lorsque Jake Scully, son héros handicapé, choisit de retourner dans l’utopie Pandora plutôt que d’affronter enfin le réel, comme si seule l’illusion méritait d’être vécue. James Cameron, est avec Steven Spielberg l’un des cinéastes les plus puissants d’Hollywood et, avec Michael Mann, l’un des plus respectés. Mais au-delà des frontières technologiques que ses films ont objectivement repoussés, que raconte son cinéma ?

L'instant BO

Musique du film Face Off (réalisé par John Woo), composée par John Powell

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