Alain Delon dans Plein Soleil
Alain Delon dans Plein Soleil © Paris Films Productions et Titanus

"Le Guépard", "Monsieur Klein", "Le Samouraï", "Le Clan des Siciliens", "Notre histoire", "Rocco et ses frères", "l'Eclipse", "Plein soloeil", "Le Professeur", "Borsalino", "La Piscine", "Mélodie en sous-sol", on pourrait continuer à égrener les chefs-d'oeuvre, une bonne vingtaine, qui composent la filmographie d'Alain Delon, et citer les noms de ceux, les plus grands, de Visconti à Godard, qui ont tenté de saisir le mystère physique de cet homme né dans les Hauts de Seine en 1935 qui, après un parcours de voyou et l'Indochine, où il s'engage à 17 ans, entre par accident dans le milieu du cinéma. C'était en 1957, devant la caméra d'Yves Allégret, dans "Quand la femme s'en mêle". Trois ans plus tard, c'est au tour de René Clément, avec "Plein Soleil", de poser la première borne d'une trajectoire qui, on le sait aujourd'hui mais on le sut très tôt, était appelée à atteindre des sommets. Avec le rôle de cet assassin beau comme un Dieu qui usurpe l'identité de sa victime, Delon eut un coup de génie: rectifier le tir d'une carrière de jeune premier qui semblait toute tracée pour celle, d'une figure héroïque et tragique, d'un homme pressé et mélancolique, qui désire tout et perd souvent.

Lorsque Delon apparaît dans le cadre, un phénomène presque climatique se produit: l'homme aimante le regard, fait le vide autour de lui, éclipse le reste de l'humanité, c'est injuste mais c'est comme ça: Delon est un phénomène irrationnel. Alain Delon est un mythe dont l'aura n'a pas faibli et certains en doutent encore. Mais pourquoi est-il le plus grand ?

L'instant BO du jour: "Le Clan des Siciliens", Ennio Morricone

Pochette BO Le Clan des siciliens, Henri Verneuil, 1969
Pochette BO Le Clan des siciliens, Henri Verneuil, 1969 © Barclay/Fox

Cela reste l'un des polars emblématiques du cinéma français des années 1960 et la rencontre, ou plutôt le passage de relais, entre trois générations d'acteurs, Jean Gabin, Lino Ventura et Alain Delon qui, à eux seuls, pourraient résumer toute l'histoire du genre. Réalisé en 1969, "Le Clan des Siciliens" marque la deuxième collaboration entre Henri Verneuil et Ennio Morricone, un an aprs "la Bataille de San Sebastian". Typique du style de Morricone dans les années 1970, la musique du Clan des Siciliens évoque d'abord les ritournelles entêtantes des films de Sergio Leone - la présence de la guimbarde et de l'un des thèmes principaux sifflé par un homme renvoie directement à l'univers sonore du western italien. Et puis, cette tonalité mineure, empreinte de nostalgie, italienne en diable, renvoie, elle, au personnage joué par Gabin, Vittoro Manelese, ce patriarche d'origine sicilienne qui rêve d'une époque et d'une terre qu'il ne reverra plus.

Rencontre avec...Yves Boisset :

Photo de Yves Boisset
Photo de Yves Boisset © JJ Georges

Commençons par rappeler 3/4 titres choisis parmis ses très nombreux films : "le Condé", ou la dénonciation des violences policières; "RAS" ou le désir de lever le voile sur les vérités cachées de la guerre d'Algérie; "Dupont Lajoie" ou la critique du racisme ordinaire; "Le Prx du danger", ou la mise en scène du délire médiatique qui transforme le spectateur en voyeurs assassins...

Il l'a dit souvent: son cinéma tourne autour de deux thèmes: l'injustice et la bêtise. Il l'a dit souvent aussi: ses références - pas très françaises - sont à la fois le cinéma d'action américain et le film social italien. Une question principale l'anime: comment faire un cinéma populaire et exigeant, des films à la fois simples et directs mais informés, précis et détaillés?

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