Il boss
Il boss © Radio France

Milana Calibro 9, La Mala ordina, Il Boss, Avere vent’anni… Ces titres de films ne vous disent peut-être rien mais ils sont l’œuvre d’un cinéaste italien important aujourd’hui largement et trop méconnu : Fernando Di Leo, né en 1932 dans une petite ville des Pouilles et mort à Rome, en 2003.

Auteur d’une cinquantaine de scénario et de 17 films qu’il a réalisé entre 1964 et 1985, Fernando Di Leo a touché à tous les genres, à l’exception du western, naviguant au gré des modes commerciales, mais c’est dans le polar, rebaptisé en Italie le poliziottescho, que Di Leo a signé ses films les plus personnels, dont Milano Calibro 9, chef-d’œuvre du genre dans lequel Gastone Moschine, un acteur italien issu du comique, incarne un gangster traqué par le milieu pour un pactole qu’il aurait dérobé. Bien que son nom n’apparaisse pas à leur générique, Di Leo collabora largement aux scénarios de Pour une poignée de dollars et de Pour quelques dollars de plus de Sergio Leone – on lui doit également ceux du Temps du massacre de Lucio Fulci et de Navajo Joe de Sergio Corbucci. Di Leo débute dans la réalisation en 1964 et signe au début des années 1970 ce qu’on appellera sa trilogie du milieu : Milano Calibro 9, La Mala ordina et Il Boss.

Son dernier film date de 1985, il s’agit de Killers vs Killers, version décontractée de Quand la ville dort de Huston. On pourrait, pour aller vite, et faire simple, dire de Fernando Di Leo qu’il fut une sorte de Melville italien, traquant dans les coursives sordides de Milan, la fin d’un monde, d’un code d’honneur et de quelques hommes du milieu frappés par le destin. Le nom de Di Leo est indissociable du grand auteur de roman noir italien que fut Giorgio Scerbanenco, mort l’année – 1969 - où sort sur les écrans Il ragazzi del massacro, première adaptation de l’un de ses romans et film charnière dans la future carrière de Di Leo. Volontiers anarchiste, souvent à contre courant des polars que l’Italie produisait en masse, Fernando Di Leo a eut maille à partir avec la censure, qu’il s’agisse de Burn, Boy, Burn, film où il interrogeait l’orgasme féminin, de Shoot first, die later, polar dont le héros s’avère être un flic corrompu ou encore d’Avere vent’anni en 1978, film devenu l’objet d’un véritable culte dans lequel la quête libertaire de deux jeunes femmes vire au cauchemar intégral.

Le panier de la ménagère de Philippe Rouyer

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Guillermo del Toro, cabinet de curiosités , Mes carnets, collections et autres obessions, éditions Huginn et Muninn

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