Escale à Hollywood - Gene Kelly 1945
Escale à Hollywood - Gene Kelly 1945 © wikimedia

On se souvient de cette fameuse séquence d’Escale à Hollywood de Stanley Donen, en 1945, dans laquelle Gene Kelly, le vrai Gene Kelly, apprenait à danser à la souris Jerry, privée, pour une fois de son Tom. Vingt ans plus tard, Julie Andrews, dans Mary Poppins, cotoyait, pour quelques minutes, l’univers des toons, leurs formes arrondies, leurs couleurs chatoyantes, leur anthropomorphisme rassurant. Mais c’est avec le succès de Qui veut la peau de Roger Rabbit ?, en 1988, que le spectateur découvrit, non seulement le principe du mélange entre images réelles et images d’animation, mais aussi la possibilité d’un conflit entre les unes et les autres. Conflit d’intérêts, conflit de textures, conflit de territoires, et si le cartoon était l’avenir des personnages de cinéma ? Depuis, les images d’animations, devenues pour la plupart des images de synthèses constituées de pixels, ont envahi les productions hollywoodiennes et surtout les blockbusters, dont elles semblent avoir pris le contrôle. Dans ces films, une guerre du troisième type s’annonce, une guerre que préfigurait déjà l’ordinateur central HAL 9000 dans le 2001 de Kubrick, désireux, de se débarrasser pour de bon d’une humanité sans éclat.

L'instant B.O:Magnum Force , Lalo Schifrin

Magnum Force  de Ted Post
Magnum Force de Ted Post © radio-france

Il nous a accompagné tout l’été au moment du générique de l’émission, le thème principal de Bullit de Peter Yates bien sûr, composé en 1968 par Lalo Schifrin. Il nous fallait donc revenir, une dernière fois, à l’un des maîtres de la musique de film, celui sans qui le cinéma américain des années 1970 n’aurait pas tout à fait la même saveur, l’homme qui a composé les inoubliables partitions de Mission impossible, Operation Dragon, Guet-apens, Tuez Charley Varrick ou encore L’Inspecteur Harry. Dirty Harry justement, ce film de Don Siegel dont Schifrin composa en 1971 la musique et celle de sa suite, Magnum Force, que vous entendez en ce moment.

Deux ans après L’Inspecteur Harry, Clint Eastwood, désireux de corriger l’image de flic fasciste que certains critiques ont collé sur la peau de l’Inspecteur Harry, confie à Ted Post, et au jeune scénariste Michael Cimino, le soin de rectifier le tir. Ce sera Magnum Force, dans lequel Harry Callahan affronte pire que lui, une bande de policiers adeptes de l’auto-défense et d’une justice pour le moins expéditive. Le thème principal de Magnum Force, que vous entendez, combine ici deux thèmes : celui, toujours jazz funk, de Harry Callahan et celui de Scorpio, le tueur psychopathe du premier volet et qui avait donné tant de fil à retordre au flic de San Francisco. Pourquoi réintroduire ici les voix intérieures et criardes de Scorpio, deux ans après sa mort, sur le thème de Harry ? S’agit-il d’un fantôme qui le hante toujours ou bien le signe qu’Eastwood, en 1973, est plus que jamais un personnage biface, du côté de la Loi, bien sûr, mais aussi de tout ce Mal que son métier l’a contraint a absorber.

Les invités
Les références
L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.