Dans le texte de présentation de l’exposition que consacre la cinémathèque française à Henri Langlois pour célébrer le centenaire de sa naissance, son commissaire, Dominique Païni, précise que son travail a tenu à respecter le principe énoncé par John Ford dans L’homme qui tua Liberty Valance : « Print the Legend » : « C’est la légende que cet anniversaire prétend servir, écrit Païni, au-delà des polémique que la personnalité et la gestion de son institution suscitèrent… ».

Repartons donc de la légende : un homme, seul, fou de cinéma dés l’enfance, hanté par la disparition des films muets, décide, qu’envers et contre tout il lui faut sauver l’histoire de cet art nouveau : c’est-à-dire aussi bien son passé que son avenir. Sa vie est programmée. Il lui faut sauver toutes les pellicules qu’il peut retrouver, collectionner toutes les archives, inventer une institution à sa mesure d’ogre pour stocker les films, mais surtout pour les montrer. Ce qui revient aussi à inventer un public nouveau où quelques élus devront poursuivre son ambition de servir le cinéma, l’honorer en faisant d’autres films, que Langlois stockera et diffusera à leur tour… Ainsi soit-il, le cinéma. Qui est un peu sa chose mais qu’il s’agit de transmettre comme le ferait un prophète. La foi et l’amour que le cinéma doit impérativement susciter pour Langlois relève chez lui de la passion religieuse. Il est comme le rappelle la phrase canonique de Cocteau : « le dragon qui veille sur ses trésors… » , tous les trésors. Car le démocratisme de Langlois est intégral et la conservation une tâche illimitée : il n’y a pas de film qui ne mérite d’être protégée par sa cinémathèque.

Henri Langlois est aussi le protecteur bienveillant d’une génération de jeunes cinéastes, qui le lui rendront bien en 1968, au moment de la dite « Affaire Langlois ». La Nouvelle vague reconnaissante à la rescousse. Hollywood aussi , qui lui décerne en 1974, trois avant sa mort, un Oscar d’honneur consacrant sa légende de saint-patron du cinéma.

Mais quelques questions méritent d’être posées dans les intertitres de cette légende : quel type de cinéphile était-il ? Comment lire les nombreux textes sur le cinéma qu’il écrivit tout au long de sa vie : Quels jugements et quels goûts y sont défendus ? L’histoire du cinéma qu’il racontait relève-t-elle de son génie glouton de la synthèse ou n’est-elle qu’un récit parmi bien d’autres possibles ?

De quelle idée du cinéma – idée singulière – Henri Langlois fut-il au fond le missionnaire ?

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