Des sabres maculés de sang et des masques hérités du théâtre Kabuki, un lézard géant piétinant des villes en crachant du feu et des geishas sensuelles, des drames intimistes filmés à hauteur de tatami et des mangas hyperviolents, des samouraïs en costards et des Ronins manchots, et puis Akira Kurosawa, Takeshi Kitano, Toshiro Mifune ou L’Empire des sens, que savons-nous vraiment du cinéma japonais, sinon cette constellation disparate de films, de noms et de motifs ?

Il fut une époque, il n’y a pas si longtemps, où l’occident ne connaissait du cinéma japonais que son quarteron de maître classiques - Kurosawa, Mizoguchi, Ozu et Naruse - qu’on découvre en France au début des années 1950, suite à la présentation de Rashomon à la Mostra de Venise – et plus tard, une nouvelle vague faite d’une poignée de cinéastes énervés – Oshima, Imamura, Inoda. Au cours des années 1980, le cinéma japonais a presque disparu des écrans de radars occidentaux, pour réapparaître dix ans plus tard, grâce aux films de Takeshi Kitano, Kyoshi Kurosawa, Hideo Nakata, l’auteur du phénomène Ring ou encore d’Hadayo Miyazaki, le maître des studios d’animation Ghibli.

le gout du saké
le gout du saké © Radio France / Radio France

Comme toute cinématographie, le Japon possède ses repères historiques, qui sont aussi les grands moments de l’Histoire nationale. Le tremblement du Kanto qui en 1923, détruisit la majorité des studios de Tokyo et la plupart des films, des milliers, produit à l’époque du muet.

Les bombardements d’Hiroshima et de Nagazaki en 1945, traumtisme dont tant de films porteront le trace. Le traité de sécurité americano-japnoais qui, dans les années 1960, déclencha des manifestation et fut en partie, à l’origine d’un renouveau du cinéma. Ou encore le suicide de Mishima en 1970.

Au cours de son âge d’or – les années 1950 - l’industrie du cinéma japonais a calqué son modèle sur Hollywood, dont elle a appliqué rigoureusement tous les principes : star system, fabrication de films à la chaines, spécialisation extrêmes des studios et des cinéastes. Les MGM, Columbia et Warner locaux se nomment alors la Toei, le studio des films de monstres et de samouraïs, la Nikkatsu ou encore la Toho qui, la même année, 1954, produit deux films majeurs du cinéma nippon, Godzilla et Les sept samouraî.

Encore aujourd’hui, le cinéma japonais reste l’un des continents les moins connus du grand public, même si, depuis l’avènement du DVD et les nombreuses rétrospectives qui lui sont partout consacrées, on découvre par pans entiers l’oeuvre de Tomi Uchida, les polars baroques tournés par Seijun Suzuki pour la Nikkatsu dans les années 1960, les centaines de films produits par la mythique Shaw Brothers, les samouraîs sans codes d’honneur qui peuplent les films de Kinji Fukasaku et les pamphlets érotico-politiques réalisés par le vétéran Koji Wakamatsu.

Mais quel est le point de contact entre ces films et ceux de Kenji Mizoguchi, entre les gangsters de Kitano et la jeunesse désoeuvrée qui hante les films d’Oshima ? Au fond, à quoi reconnait-on un film japonais ?

L'instant B.O : Les sept mercenaires, Elmer Bernstein, 1960

Le succès des Sept Samouraï que Kurosawa réalisa en 1954 n'a pas échappé à Hollywood qui, six ans plus tard, en produisit un remake, transposant son action du Japon médiéval à l'Ouest américain. Voici un hymne du western classique hollywoodien, le thème des Sept Mercenaires , composé en 1960 par l'un des maîtres de la musique, Elmer Bernstein.

les sept mercenaires
les sept mercenaires © Radio France / Radio France

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