Poster de Vers sa destinée, John Ford, 1939
Poster de Vers sa destinée, John Ford, 1939 © Twentieth Century Fox

Abraham Lincoln, John Fitzgerald Kennedy, Thomas Jefferson, Franklin Roosevelt, George Bush, Richard Nixon et aujourd'hui Barack Obama, la figure du président a toujours occupé une place de choix dans le cinéma hollywoodien. Et le récent biopic de Steven Spielberg l'a encore prouvé, le champion toutes catégories reste Abraham Lincoln, le seizième président des Etats-Unis, représenté à l'écran plus de 130 fois, suivi d'assez loin par George Washington, 70 fois, Richard Nixon, 36 fois ou Theodore Roosevelt, 34 fois.

Le locataire de la Maison Blanche est-il pour autant un héros de cinéma comme les autres? Pendant des décennies, il est apparu comme l'homme providentiel, père de la Nation et totem quasi-divin. Puis, au tournant des années 60, tout s'est détraqué, l'assassinat de John Kennedy, puis de son frère, l'affaire du Watergate, et voici le président chutant de son Olympe pour rejoindre la petite cour des individus ordinaires. Et Hollywwod, sans doute lassé de battre la coulpe de son président et de ses institutions, décida de lui emboîter le pas.

Hollywood a-t-il toujours été juste avec ses présidents? Aujourd'hui, Barack Obama continue-t-il de faire vibrer la corde patriotique des spectateurs américains? Et d'ailleurs, un bon président fait-il forcément un bon héros de cinéma?

L'instant BO du jour: "King Kong", Max Steiner

Nous sommes en 1933 lorsqu'Ernest Shoedsack et Merian Cooper tournent King-Kong et confient la musique au compositeur Max Steiner, avec lequel ils venaient de collaborer, un an plus tôt, pour "Les Chasses du Comte Zarroff". Ancien élève de Brahms et de Mahler, Steiner, d'origine autrichienne, rejoint la RKO en 1929 et devint, grâce à la partition de King Kong, l'inventeur de la musique symphonique hollywoodienne - on lui doit entre autres classiques, les musiques de Casablanca, Autant en emporte le vent et Arsenic et vieilles dentelles.

Le style de Steiner, qui fut une source d'inspiration majeure pour de nombreux compositeurs hollywoodiens, s'inscrit dans une tradition post-romantique qui consiste à écrire la partition comme une sorte de petit opéra, et d'associer, à chacun des personnages, un thème musical reconnaissable.

Pochette BO King Kong, Cooper et Schoedsack, 1933
Pochette BO King Kong, Cooper et Schoedsack, 1933 © RKO Radio Pictures

Rencontre avec... Alain Jessua :

Dans une séquence formidable de "Paradis pour tous", film d'anticipation réalisé en 1982, Jeanne Goupil se tourne vers Patrick Dewaere et lui lance: "C'est quand même beau de se retrouver entre gens normaux". Pourquoi lui dit-elle cela à ce moment-là? Parce qu'ils viennent de regarder ensemble une sélection de publicités, comme autant de petits films hypnotisants qui rendent le couple euphorique et heureux.

Dans les films d'Alain Jessua, ils sont nombreux les personnages qui pourraient prononcer cette phrase, au moment même où ils paraissent fous, inhumains ou monstrueux. Mais qu'est-ce qu'être normal ? Et comment ce qui apparaît comme normal, innocent et inoffensif peut-il se révéler en vérité étrange et inquiétant ? Voilà bien une des questions qui hantent beaucoup de ses films. Le scénario d'anticipation, léger dérèglement du regard vers un futur proche, lui sert à révéler la part de menace qui se loge dans le présent. Ou comment le progrès, avec sa recherche du confort, de la sécurité et du bien-être, peut devenir un principe de catastrophe!

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Entretien avec Alain Jessua, Mad Movies n° 265

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