De quoi rions nous dans les films de Wes Anderson?

En quinze ans, Wes Anderson s’est imposé comme l’un des maîtres de la nouvelle comédie américaine. Grand Budapest Hotel, son huitième film, vient de recevoir une accueil critique quasi-unanime : il faut dire que Moonrise Kingdom, son précédent film, trahissait des signes de stagnation et qu’en décidant cette fois, de s’ouvrir à la grande Histoire (celle de l’Europe des années 1930 plongeant doucement dans les ténèbres fascistes), Anderson vient de couper l’herbe sous le pied de ceux qui lui reprochaient de fabriquer des œuvres autistes, coupées du monde et de toute réalité politique. Grand Budapest Hotel ressemble à son affiche, une gigantesque pâtisserie plaquée sur un paysage inquiétant et romantique, comme si dans le sanatorium de La Montagne magique de Thomas Mann se préparait une version sucre glace et feuilletonesque du To be or not to be de Lubitsch.

Né en 1969 à Austin, au Texas, Wes Anderson n’a pas attendu longtemps pour faire entendre sa petite musique singulière, un premier film en 1996, Bottle Rocket, et puis le formidable Rushmore, deux ans plus tard, avec Bill Murray et Jason Schwartzman, deux acteurs qui deviendront des fidèles et déjà ce mélange si caractéristique de ton burlesque et d’humeur mélancolique. Avec La Famille Tennebaum, en 2001, Anderson atteint un niveau de maîtrise et d’accomplissement exceptionnels de ce que deviendront son univers et ses obsessions, un univers visuel et thématique parmi les plus affirmés du cinéma contemporain qui fascine autant qu’il peut agacer : une même bande d’acteurs et de techniciens reconduite de film en film, une prédilection pour les lieux clos (l’île chatoyante de Moonrise Kingdom , le paquebot de La Vie aquatique , la maison des Tennebaum), un burlesque contrarié qui évoque plus le cinéma de Blake Edwards que celui, déchaîné, des frères Farrelly, le combat jamais plié entre le formatage tristounet imposé par la société et la singularité de quelques uns, et une esthétique de maison de poupée qui se déploie autour de plans frontaux et surchargés de détails. Dans les films de Wes Anderson, les enfants se comportent comme des adultes, en miment les postures, les désirs, tandis que les adultes ressemblent eux à des kids immatures et capricieux, à l’image du pater familias, Royal Tennebaum, dans le film du même nom ou du fanfastic Mr. Fox. Mais que racontent, au fond, les films de Wes Anderson ? Comment s’insèrent-ils dans l’histoire du cinéma américain ? Sont-ils seulement drôles et raffinés ou bien plus sombres qu’il n’y paraît ?

L'instant BO

BO de SOS fantômes, Ghostbusters est une chanson écrite, produite et interprétée par Ray Parker, Jr.

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