John Milius est-il vraiment un cinéaste fasciste?

Ce mercredi, vient de sortir L’Aube rouge, un film de politique fiction qui raconte l’invasion des Etats-Unis par la Corée du Nord et la Russie, et puis l’entrée en résistance d’une bande de boy scouts patriotes qui, à coups de grenades et d’actions de sabotage, vont mener la vie dure à ceux qui ont osé le pire : avoir voulu s’approprier les terres de l’Oncle Sam. Rassurez-vous, nous n’allons pas consacrer la première émission de rentrée de Pendant les travaux, à ce film d’action moyen, standard, un peu de bas de plafond, comme on en a vu des dizaines. Non, et pour cela, il suffit juste de se rappeler que L’Aube rouge 2013 est le remake, encore un, d’un film réalisé en 1984 par John Milius. Et c’est lui, John Milius, qui va nous occuper. Si le nom de Milius ne vous dit pas grand chose, son travail vous est forcément familier : « J’adore l’odeur du Napalm au petit matin », cette inoubliable réplique que prononce Robert Duvall dans Apocalypse Now de Coppola, c’est lui. « Un type qui poursuit une femme avec un couteau de boucher et une érection, je suppose qu’il ne quête pas pour la Croix rouge ! », c’est encore lui et c’est Clint Eastwood dans L’Inspecteur Harry

bandeau l'aube rouge
bandeau l'aube rouge © radio-france

Scénariste de quelques uns des grands succès du cinéma américain des années 1970, comme Jeremiah Johnson, Magnum Force et bien sûr Apocalypse Now, John Milius passe à la réalisation en 1973 avec Dillinger, une formidable série B qui retrace le parcours du plus célèbre des gangsters de l’Indiana. Suivront Le Lion et le vent, épopée grandiose opposant le président Roosevelt à un guerrier berbère interprété par Sean Connery et en 1979, Big Wednesday, un film injustement méconnu que tous les amateurs de Surf, du Point Break de Kathryn Bigelow et de la contre culture finissante, connaissent forcément. Mais c’est en 1982, avec Conan le barbare, que John Milius connaît son premier et plus gros succès. C’est aussi le début d’un malentendu idéologique largement entretenu par son auteur qui ne manquera jamais l’occasion d’une déclaration tapageuse ou d’une provocation goguenarde. De loin, la filmographie épique de John Milius, avec ses héros hors-normes et sa violence outrée, évoque un longue et persévérante apologie de la guerre, et une méfiance, pour ne pas dire un rejet, du terreau progressiste dans lequel il a évolué. Certes, les films de Milius ne font pas dans la dentelle, plutôt dans la côte de maille. Mais que racontent-ils au juste ? Sont-ils à ce point hantés par cet imaginaire viril qui fascinait tant Roosevelt ? Et si cet amateur d’armes, de Gengis Khan et des légendes millénaires s’était toujours avancé masqué ? Au fond, John Milius est-il vraiment un barbare ?

L'instant BO

Le Pont de la rivière Kwai de David Lean. Musique : Malcom Arnol

pont de la rivière Kwai
pont de la rivière Kwai © radio-france

Peu de musiques sont à ce point emblématiques du film pour lequel elles ont été écrites. Et une seule pourrait transformer le plus mutique des mutiques en siflotteur invétéré C’est le cas, bien sûr, de celui que vous entendez, le thème principal du Pont de la rivière Kwai de David Lean. Cette partition, qui a reçu l’Oscar de la meilleure musique de film en 1958, fut composé par Malcom Arnold.

C’est la troisième et dernière fois que le compositeur Malcom Arnold travaille avec David Lean, avant que celui-ci ne débute une collaboration fructueuse avec Maurice Jarre### Fedora de Billy Wilder

Fedora
Fedora © Carlotta Films
L’étrange _Fedora_ (1978), avant-dernier film de Billy Wilder, __ fait sa réapparition cette année dans une version restaurée inédite distribuée par Carlotta Films.
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