Le cinéma italien a connu au moins deux miracles.Le premier date de 1951 et s'est produit à Milan devant la caméra de Vittorio de Sica. Le second, moins connu, a eu lieu dans les années 1960, au moment où Cinecitta concurrence Hollywood et produit, sans doute, le plus grand cinéma du monde. Un cinéma de supers auteurs, connus et reconnus bien sûr, comme Pasolini, Visconti, Antonioni, mais aussi un cinéma de genre, extrêmement populaire, fabriqué par ceux que la critique baptisera plus tard les petits maîtres : Mario Bava, Riccardo Freda, Vittorio Cottafavi, Sergio Sollima, Dario Argento, Fernando di Leo, Massimo Dallamano, Lucio Fulci ou encore Sergio Corbucci. Mais loin de s'opposer, de se fabriquer l'un contre l'autre, comme la critique l'a longtemps crû et écrit, films d'auteurs et films de genre ont établi pendant une dizaine d'années un dialogue souterrain et prolifique. Ce dialogue s'est notamment traduit par une extraordinaire circulation d'acteurs, de scénaristes, de techniciens et de producteurs, entre Fellini et Bava, entre Visconti et Fulci, Argento et Antonioni, en bref comme si tous écrivaient secrètement, ou plutôt en contrebande de l'histoire officielle, une même histoire des formes. A cette époque, Bernadino Zapponi signe le scénario de Fellini Roma et des Frissons de l'angoisse d'Argento, Pasolini apparaît dans le rôle d'un prêtre révolutionnaire dans le western spaghettiRequiscient, tourné en 1966 par Carlo Lizzani, Alida Valli passe du Senso de Visconti à Suspira et Tomas Millian, l'une des stars du cinéma de genre, joue le rôle principal dans Identification d'une femme d'Antonioni.

le masque du diable
le masque du diable © Radio France / Radio France

La force du cinéma italien, écrivit Nicolas Saada dans un texte de 1996, reposait entre autres sur l'absence de hiérarchie entre les cinéastes, les genres, les sensibilités, Alors comment s'est produit ce miracle qui, à cette époque, a vu converser culture haute et culture basse, pourquoi a-t-il eu lieu en Italie, comment, au bord du Tibre, la modernité a-t-elle nourri le cinéma populaire, et en retour, comment les archétypes des films de genre ont-ils permis la survie des cinéastes modernes ? Mieux, et si le cinéma de genre des années 1960 avait accompli le cinéma d'auteur ?

L'instant B.O : Italia a mano armata , Franco Micalizzi

Sorti en France sous le titre Opération Jaguar, et parfois, Flic en jean, Italia a mano Armata est, après Roma Violenta et Napoli Violenta, la troisième, et dernière enquête menée par le commissaire Betti, sorte de Dirty Harry transalpin en guerre perpétuelle contre les mafias, interprêté par l'acteur Maurizio Merli. Merli fut l'une des stars des poliziotteschi, ces néo-polars tournés dans la Péninsule au cours des années 1970 aux reflets hyperréalistes voire triviaux, de l'état de délabrement et de violence de l'Italie des années de plomb.

italia a mano armata
italia a mano armata © Radio France / Radio France

Evénement(s) lié(s)

Batman, The Dark Knight Rises

Les liens

La Cinémathèque française

Cinémathèque Française

Les invités
Les références
L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.