Tout commence sur une piste de cirque. Un personnage mystérieux enveloppé dans une grande cape noire fabrique avec ses ciseaux, un rouleau adhésif et un sac plastique rose, une forme humaine qu’il pose au centre de la piste avant de disparaître. Et là, au son de l’après-midi d’un faune de Debussy, la magie opère. Propulsé par le souffle silencieux de seize ventilateurs, le sac se lève, se gonfle et devient un danseur étoile, véritable personnage dont les mouvements pourraient faire pâlir d’envie n’importe quel vrai danseur professionnel. Il s’allonge au sol, tournoie sur lui-même, s’élève avec une grâce et une fluidité incomparable. Puis le créateur de ce nouveau monde revient et sort de sa poche avec une infinie douceur d’autres sacs, vert, bleu, jaune, rayé, pour qu’eux aussi prennent vie et composent librement un grand corps de ballet, comme nous n’en avons jamais vu.

Après-midi d'un foehn
Après-midi d'un foehn © radio-france / Cie Non Nova

Cette artiste qui a jonglé pendant plus de 20 ans a délaissé une pratique technique qui ne lui permettait pas de raconter un combat qu’elle mène depuis environ 4 ans : celui de renaître, sous un sexe autre que celui que la biologie lui a imposé. Elle s’appelait Philippe Ménard, aujourd’hui, elle est Phia Ménard, une artiste qui déplace notre regard de ce qu’on croit identifié comme tel. Devant nous, il y a des sacs plastiques, eh bien non, ce sont des marionnettes qui semblent à chaque instant plus humaines par la liberté de leurs mouvements…comme si l’air était le flux sanguin qui les anime.

5 ans… Les enfants n’ont pas besoin de connaître l’histoire de cette artiste. Ce qu’il voit, c’est l’évolution, la transformation, la vie que peuvent prendre de pauvres sacs plastiques, objets qui évoquent d’ordinaire les poubelles, le pétrole, la consommation. Le temps du spectacle, la beauté vient ratisser la laideur. A un moment, la marionnettiste revient coiffée d’une multitude de sacs blancs qu’elle libère dans les airs, puis qu’elle récupère comme ses enfants dans un grand parapluie transparent. C’est à une véritable épopée que nous sommes conviés, une lutte pour vivre et s’épanouir, dans un monde où de toute façon, nous sommes soumis à des forces incontrôlables. Enfin, il n’est plus possible après ce spectacle de passer à côté des sacs plastique sans les voir…

Du 9 au 11 mai à Amiens, les 12 et 13 mai à Reims, le 2 juin à Balma, du 6 au 8 juin à St-Médard-en-Jalles

Rens. : cienonnova. com

Dominique Duthuit, en partenariat avec La Ligue de l'Enseignement

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