Les animaux nous font du bien, c’est certain, les relations que nous pouvons nouer avec eux développent notre sensibilité et nos qualités morales. Mais, à l’inverse, quel bien, nous autres hommes, pouvons-nous leur faire ?

Comment penser le bien-être animal ?
Comment penser le bien-être animal ? © Getty / Yevgen Romanenko

Jusqu’où aller dans la reconnaissance de la forme de vie des animaux ? 

C’est la question de la prise en compte du bien-être animal et aussi, immédiatement après, celle d’un droit des animaux. Le débat fait rage aujourd’hui entre les spécistes et les anti-spécistes. Mais il fait rage aussi entre chasseurs et écologistes, entre végétarien ou végans et mangeurs de viande ou consommateurs d’autres produits animaux, entre partisans d’un élevage responsable et opposants à l’élevage industriel….

Bref le débat fait rage et il a de multiples entrées mais ce qui est certain c’est que quel que soit le bout par lequel vous le prenez, il pose la question de savoir comment penser le bien-être animal…et quel que soit le bout par lequel vous le prenez ce débat risque de flinguer un bon dîner de famille ou entre amis….

Comment penser le bien-être des animaux ?

En gros il y a trois positions possibles :

  • Le bien-être animal serait une idée absurde ! les animaux ne parlent pas et ne nous décrivent donc pas les conditions de vies qu’ils jugeraient décentes. Ce ne sont que des machines, sans âmes, comme disait Descartes. C’est donc finalement à l’homme de se placer dans le cuir de la bestiole pour déterminer ce qui est acceptable. Mais outre le fait qu’il faudrait arriver à se mettre à la place des poules, des tortues de mer et des loups, le bien-être animal ne serait finalement que le bien-être animal selon l’homme…
  • La position est assez radicale et c’est celle des partisans du droit des animaux. Elle est inspirée par le philosophe australien Peter Singer, auteur en 1975 du livre La libération animale. Pour Singer, les animaux sont des êtres sensibles à la douleur et au plaisir au même titre que les hommes. C’est le « au-même titre » qui compte : et il n’y a donc aucune raison de ne pas les traiter de la même manière. Le bien-être animal commence donc ici par le fait de ne pas être mangé et de respecter la vie animale de façon aussi absolue que nous souhaitons respecter la vie humaine. Le problème ici c’est que l’on entre dans une concurrence des formes de vie et que cette concurrence est surtout un argument pour relativiser la forme de vie humaine.
  • Celle qui se préoccupe à la fois de la condition animale et de la condition humaine tout en pensant une différence, mais une différence qui ne soit pas absolue. Inspirée par les travaux de scientifiques spécialistes du comportement animal comme Boris Cyrulnik ou Frans de Waal, elle permet de reconnaître l’intelligence et les émotions animales. Pour des philosophes contemporains comme Dominique Lestel ou Elisabeth de Fontenay, il s’agit alors de définir un bien-être animal, mais par la négative c’est à dire comme le fait de ne pas faire subir aux animaux de souffrances inutiles. Et inutile ça veut dire qui ne sert pas un besoin vital de l’humanité….Cela signifie donc que les animaux n’ont pas exactement un droit au bien-être, mais que ce sont plutôt les hommes qui ont le devoir de ne pas les faire souffrir inutilement. Une telle position cherche à dépasser l’opposition entre l’animalisme et l’humanisme et c’est en cela qu’elle fait du bien à tous : parce qu’elle nous donne l’horizon d’une réconciliation. 
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