Au nom de la continuité écologique des cours d’eau, les moulins doivent effacer les obstacles à la circulation des poissons.

Des associations ont lancé un moratoire : "Ne détruisez pas nos moulins"
Des associations ont lancé un moratoire : "Ne détruisez pas nos moulins" © Getty / Tim Graham

Un exemple : la Juine dans l’Essonne. Parsemée de moulins magnifiques. Et pas un poisson sauf à la veille de l’ouverture de la pêche : on y déverse des truites d’élevage. Il y avait des poissons sauvages il y 40 ans. Si la rivière est vide ce n’est sans doute pas à cause des moulins, c’est plus probablement un effet des rejets d’eau usée et du ruissellement des produits phytosanitaires qui dégoulinent des champs.

Mais le gouvernement a décidé d’appliquer à la règle une directive européenne : il faut détruire tous les obstacles à la circulation des poissons. Il y en aurait 80 000 en France. Tous ne sont pas des moulins, loin de là.

Mais en quoi les moulins seraient ils les ennemis des poissons ?

C’était des usines hydrauliques. L’eau est une force. Mais pour s’en servir il a fallu construire des seuils, des petits barrages, en travers de la rivière, des canaux de dérivation. Tous ces aménagements aujourd’hui ne servent à rien ou presque. On y a produit de la farine, des métaux, du marbre. Mais maintenant …

Certains génèrent de l’électricité et ils viennent d’être exemptés des réaménagements. Mais les autres ? Certains datent de l’époque romaine, la plupart du moyen Age mais ils se sont réellement développés au dix-neuvième siècle. « C’est un patrimoine historique » remarque Christian Peron de la fédération des moulins de France.

Les moulins ont l’habitude d’avoir les pieds dans l’eau. Si on les assèche, le bâti va droit vers les fissures et les dégradations.

Et combien ça coute de restaurer la continuité écologique des cours d’eau ?

C’est bien le problème. Même si les agences de l’eau subventionnent les travaux à 80 pour cent, les couts sont tellement exorbitants que les propriétaires refusent de payer le solde. Trop cher.

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