Plengaouic
Plengaouic © H Moreau

Le gouvernement propose une nouvelle réglementation à la consultation du public pour réduire la pollution des nitrates.

Ils sont nécessaires à la vie. Mais comme pour tout, un peu c’est bien, beaucoup c’est trop. Les nitrates sont un sous produit de l’azote dont les plantes ont besoin pour grandir. il s'agit des engrais chimiques ou organiques comme le lisier. Pardon pour ceux qui trempent leur tartine dans le bol du petit déjeuner : le lisier ce sont les déjections animales, de porcs ou de volaille. Quand on en épand trop sur les terres, les cultures ne peuvent pas tout manger. Les excès sont lessivés par les pluies vers les cours d’eau et la mer.

Là ils provoquent une indigestion. Les algues mangent, mangent et meurent. Les bactéries s’y attaquent pour les décomposer. En se décomposant elles consomment l’oxygène de l’eau. Les poissons ne peuvent plus respirer dans les lacs et les rivières. Et les algues s’échouent sur les plages pour les colorer en vert. La Bretagne connaît très bien cette pollution. Il lui en coûte 500 000 euros en moyenne par an pour les enlever.

Mais depuis le temps qu’on connaît ce scénario on n’a pas réussi à l’empêcher !

La France n’a jamais respecté la directive européenne sur les nitrates. Elle a déjà été condamnée deux fois et menacée de sanctions financières. Mais elle y échappe encore : "la politique européenne avance à la vitesse de l’escargot " commente Gilles Huet de l’association Eaux et Rivières de Bretagne. Et ses menaces ne font trembler personne.

Le gouvernement français a tout même du payer une fois.

Une histoire exemplaire. Nous sommes à Guingamps. En 1995, un collectif de citoyen porte plainte contre le distributeur d’eau : Suez. L’eau du robinet n’est pas potable polluée par les nitrates. Suez est condamné. Mais la société se retourne contre l’Etat. Sa plaidoirie est édifiante : je peux fabriquer de l’eau potable avec de la M... Enfin vous voyez ce que je veux dire. Il est possible d’enlever les nitrates de l’eau mais cela coûte cher, les consommateurs ne veulent pas payer. Suez se déclare victime de la politique de l’Etat qui a fermé les yeux sur l’agrandissement des élevages alors que la terre est déjà saturée de nitrates, polluée par les épandages de déjections animales. Ce n’est pas sa faute. C’est vrai a reconnu la justice : 6 ans plus tard, elle a condamné l’Etat français à verser des dédommagements à Suez. Mais entre nous ça n’a pas changé grand-chose.

Consultation publique terminée, je n'ai jamais réussi à me connecter et Eaux et Rivières de Bretagne non plus donc pas de regret

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