Atlas de la France Toxique
Atlas de la France Toxique © Radio France

Une carte de France des pollutions paraît aujourd’hui aux éditions Arthaud.

  • C’est bientôt et enfin…la saison des barbecues.

Pendant des années un trafic a eu cette idée de fabriquer du charbon de bois à partir de traverses de chemin de fer. Ces longues poutres de bois qui soutiennent les rails des voies ferrées.

Pour les rendre imputrescibles, résistantes aux insectes et aux champignons on les asperge de créosote, un biocide.

Une fois retirées des voies, elles obtiennent le statut de "déchets dangereux". Pourtant on les a vendues illégalement pour alimenter les barbecues. Aujourd’hui, après des années de combats de l’associationRobin des Bois, le commerce n’existe plus. Mais les traverses sont toujours là :

On les a interdites dans les jardins publics… où elles pouvaient servir à dresser des clôtures. Mais pas dans les jardins privés. Et on en trouve même dans les maisons : c’est joli, une poutre apparente, sauf quand elle est encore saturée de produit chimique.

  • La carte de France des Toxiques nous emmène aussi en mer.

La France a connu deux guerres mondiales. Que faire des munitions qui heureusement n’avaient pas tué. Les détruire. Mais comment ? Dans ce qui nous sert de poubelle : l’océan.

Quand on regarde la carte, on s’aperçoit que toutes les côtes françaises sont concernées. On a coulé les armes conventionnelles et chimiques au large. On les a mises sur des bateaux, tout est au fond : ces épaves bourrées de produits chimiques se corrodent. Ce sont des bombes à retardement commente Jackie Bonnemain l’un des auteurs de ce recensement.

Un peu d’arsenic dans l’eau de mer entre autres produits chimiques ce n’est pas idéal pour les poissons.

  • Après l’arsenic, un peu d’amiante peut être ?

Très tôt déclarée cancérigène mais les lobbies ont œuvré pour repousser son interdiction. On s’en est même servi à Paris pour enrober les rues. On pensait les rendre plus résistantes à l’abrasion du trafic.

La France a exploité l’amiante. Notamment à Canari sur le cap Corse. La mine surplombe une plage magnifique de sable noir.

Ou encore autour de Nantes, Grenoble. Le percement du tunnel Lyon Turin dans les Alpes risque de se cogner contre des gisements jusque-là inconnus. Il faudra traiter les déblais comme des déchets toxiques et protéger les ouvriers.

Bon quand on feuillette cette succession de cartes toxiques, nucléaire, chimique, on a juste envie de rentrer dans un trou de souris pour se protéger. N’exagérons pas.

Cet ouvrage a le mérite de rappeler que toutes les activités humaines ont généré et génèrent des risques. Et des pollutions.

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