C’est une étude publiée aujourd’hui dans la revue scientifique Nature : le climat favorise l’invasion d’insectes indésirables

Le frelon asiatique apparu en France en 2003 ou 2004 s'attaque aux abeilles domestiques
Le frelon asiatique apparu en France en 2003 ou 2004 s'attaque aux abeilles domestiques © Maxppp / Romain Boulanger

Avec un coût de 69 milliards d'euros par an.

Imaginez une ville souterraine qui part du Portugal, court sous l’Italie et vient finir sa construction dans le Sud de la France. Une immense colonie de fourmis d’argentine, 5 millimètres de long mais grande architecte. Elle n’est pas dangereuse pour la santé humaine. Mais elle est très agressive avec les autres insectes, dont beaucoup nous rendent des services, elle mange les graines, elle dévore même des oisillons dans les nids.

Le termite de Formose, la teigne des choux, le longicorne brun de l’épinette, la spongieuse, le capricorne asiatique : toutes ces charmantes bestioles ont débarqué et font des ravages. Elles s’attaquent aux cultures, aux charpentes en bois, aux arbres, elles engendrent aussi des risques sanitaires : il suffit de penser au moustique tigre.

Le climat n’est pas le seul responsable. C’est vrai. C’est la mondialisation des échanges commerciaux qui a permis à ces espèces de voyager. Par bateau, par avion.

Imaginez qu’une seule femelle de frelon asiatique, fécondée, avant de prendre son billet pour la gironde en France est à l’origine de l’invasion que nous connaissons aujourd’hui. Mais si l’espèce prolifère c’est que le climat est clément. Les invasions ne datent pas d’hier. Pendant la première guerre mondiale les États Unis envoyaient du fourrage en France pour nourrir les chevaux : et dans le fourrage il y avait des graines d’ambroisie. la Plante s’est très bien adaptée et son pollen allergisant coûte près de 20 millions d’euros par an en frais de santé.

Revenons aux insectes : le papillon de la tomate est arrivé dans le sud de la France et cause des dégâts. Avec lui le ver du Mexique a fait son apparition, il résiste à tous les pesticides.

Mais quels sont les moyens de lutte ?

La bio sécurité répond Franck Courchamps l’un des auteurs de l’étude. Traquer les bestioles, leur embarquement, leur débarquement. Dans ce domaine, la Nouvelle Zélande et l’Australie sont leaders. On y contrôle même les bagages des voyageurs et les graines qui pourraient s’incruster sur leurs vêtements et leurs chaussures.

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