L'ex site oprhelin de Notre Dame-de-Bliquetuit en 2012
L'ex site oprhelin de Notre Dame-de-Bliquetuit en 2012 © Nathalie Fontrel

Les décharges de pneu ont presque toutes disparu.

Ce n'est pas si souvent que l'on peut célébrer une avancée dans le domaine écologique... Les verrues, ces dépôts sauvages de pneumatiques ont quasiment tous été nettoyés. Près de 315 000 tonnes étaient stockés illégalement dans la nature. C'était souvent la conséquence d'un business frauduleux : des entreprises s'inventaient une activité de recyclage, récupéraient les pneumatiques usagés en se faisant payer évidemment. Puis elles mettaient la clé sous la porte pour recommencer ailleurs. Résultat : des montagnes de déchets devenus orphelins. En 2008 les fabricants et les distributeurs ont accepté de financer la résorption de ces points noirs.

Et de mettre fin aux nuisances.

Il y a d'abord un risque d'incendie. Les pneus ne s'enflamment pas tous seuls mais quand on y met volontairement le feu, ce qui arrive, ils dégagent une fumée toxique et polluent les nappes phréatiques. Ils attirent les serpents, les rongeurs et surtout les moustiques qui pondent dans l'eau stagnante retenue dans les pneus.

Les chantier de dépollution ont réservé bien des surprises : les pneus ont souvent été jetés pêle-mêle dans un creux de terrain. Impossible d'estimer les quantités quand l'accumulation atteint plusieurs mètres d'épaisseur. Mais une fois récupérés, les déchets ont été conditionnés pour servir de carburant dans les cimenteries.

D'autres nuisances sont encore présentes dans le monde agricole et dans les fonds marins.

Les éleveurs ont utilisé les pneus comme lest pour maintenir les bâches d'ensilage. L'ensilage c'est une technique de fermentation de végétaux comme le maïs pour nourrir les bêtes en hiver. C'était souvent une façon pour les garages de se débarrasser des pneus à moindre frais. La communauté d'agglomération du Douaisis dans le Nord a décidé de prendre en charge la moitié du coût de l'enlèvement de ces pneumatiques pour assainir le terrain.

En mer, les pneus été utilisés comme récifs artificiels. Ils étaient censés abriter les poissons et les mollusques. Des centaines de milliers de pneu ont été immergés dans les années 1980. La « bonne idée » venait des États-Unis. Non seulement ces abris artificiels n'ont pas attiré les espèces, mais ils ont dérivé, poussés par les courants et se sont écrasés sur les herbiers et les coraux. La mode est maintenant à l'enlèvement : 2 500 pneus ont été extraits des fonds marins de la baie d’Antibes. Et il en reste.

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