Une étude publiée dans "Science" sur la température des eaux de surface des océans bat une fois de plus en brèche l'idée qu'il y a eu une "pause" du réchauffement climatique.

Le Pisces, bateau de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) teste les eaux dans le Golfe du Mexique
Le Pisces, bateau de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) teste les eaux dans le Golfe du Mexique © Reuters / Staff Photographer

Planète Environnement, par Sandy Dauphin.

Cette nouvelle étude est publiée par des chercheurs de l'Université Berkeley en Californie et par l'Institut indépendant Berkeley Earth et elle va peut-être clore une controverse soulevée en juin 2015.

L'été 2015, l'Agence océanique et atmosphérique américaine, la Noaa, publie une étude sur le réchauffement climatique qui fait l'effet d'une bombe.

Elle estime que la hausse des températures des eaux de surface des océans entre 1998 et 2012 a été largement sous-estimée. Il n'y a pas eu, contrairement à ce que montraient les relevés précédents, de pause dans le réchauffement. Ce que les scientifiques appellent un 'hiatus climatique' : un plateau dans la courbe, systématiquement brandi par les climato-sceptiques pour dire que la planète a arrêté de se réchauffer il y a 19 ans.

L'étude de la Noaa suscite la controverse. Le Sénat américain à majorité républicaine s'en mêle. Il accuse l'agence de bidouiller les chiffres pour servir la politique climatique de Barack Obama. Le comité scientifique du Sénat va jusqu'à demander que les courriels des chercheurs soient contrôlés.

On a changé de thermomètre...

Sur quoi se fonde les conclusions de la Noaa ? Jusqu'aux années 90, ce sont essentiellement les bateaux qui prennent la température de la mer, directement par une vanne ou par un seau. Aujourd'hui des milliers de bouées font le travail. Elles envoient leurs données à des satellites. Or ces deux méthodes de collecte ne donnent pas les mêmes résultats. Autre différence : il y a beaucoup plus de bouées réparties sur la surface du globe. Il y a donc des biais dans les systèmes de mesure qu'il faut corriger.Et la correction effectuée par l'agence océanique et atmosphérique américaine "efface" la fameuse "pause" climatique.

Une nouvelle étude américaine tranche une bonne fois pour toutes

Des chercheurs de l'université Berkeley en Californie, et de l'Institut indépendant Berkeley Earth ont utilisé les données les plus à jours et trois thermomètres différents: les bouées dérivantes, les bouées plongeantes (les balises argo), et des capteurs satellites (les radiomètres). Et leurs résultats confirment ceux de la Noaa. N'en déplaise à Donald Trump qui a cette institution en ligne de mire.

►►►VIDÉO | Zeke Hausfather, co-auteur de l’étude, chercheur à l’institut Berkeley Earth :

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