Cap sur la mer Noire ce matin à la recherche des hydrates de méthane qui pourraient provoquer une nouvelle ruée vers l’énergie fossile.

Un briquet et ça flambe. Enfin, si on les libère des fonds marins, les hydrates de méthane peuvent servir de combustible. On les a découvert au dix-neuvième siècle. On les appelle "la glace qui brûle " parce que tant qu’ils sont emprisonnés dans les sédiments marins, ils ressemblent à de la glace. Ils sont piégés dans des sortes de cages formées par les molécules d’eau.

Ils sont stables grâce à la température froide, et à la pression de la colonne d’eau. Ils sont issus de la décomposition de la matière organique, végétale et animale. Tant qu’ils sont dans les sédiments marins, ils n’ont pas vraiment d’impact sur notre climat.

La science ne les connaît pas vraiment

D’où l’expédition GHASS lancée par Ifremer. A bord du navire « Pourquoi pas » les chercheurs ont levé l’ancre vers la mer noire. Pendant un mois ils sont allés chercher à 500 voir 1000 mètres de profondeur pour extraire des carottes de sédiments de 30 mètres de long. Ifremer n’est pas une tête chercheuse pour découvrir de nouvelles énergies fossiles. L’objectif était d’abord de confirmer la présence des hydrates de méthane : oui ils sont là ! Et de mieux comprendre leur comportement. On sait qu’en cas d’instabilité ils peuvent générer des avalanches sous marines et des tsunamis.

Ça c’est la recherche scientifique mais les pétroliers s’intéressent aussi à cette ressource fossile

Le Japon, la Corée, les Etats-Unis investissent beaucoup dans cette quête d’énergie. Les hydrates de méthane sont présents dans tous les océans de la planète. On estime que les réserves sont comparables à celle du pétrole et du gaz dont on connaît l’impact sur le changement climatique. Oui mais, le méthane a un pouvoir réchauffant sur le climat 25 fois supérieur à celui du gaz carbonique. Si on creuse dans les fonds marins pour l’exploiter il y aura fatalement des fuites. Ca va chauffer. Et si ça chauffe les fonds marins vont dégazer leurs stocks de méthane déstabilisés par l’augmentation de la température de l’eau, ça va chauffer plus encore.

Accessoirement on s’explique mal comment des pays peuvent signer un accord sur le climat alors qu’ils continuent à chercher de nouveaux combustibles générateurs de gaz à effet de serre. On nous aurait donc menti ?

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