Parc Naturel National de Chiwan Népal
Parc Naturel National de Chiwan Népal © WWF

Le rapport du WWF le patrimoine naturel mondial protégé par L’UNESCO est publié ce matin. Et ce n’est pas très vert.

Mettez vous dans la peau… heu dans les écailles d’un poisson qui nage tranquillement dans les cours d’eau du parc de Dognana en Espagne.

Il ne sait pas qu’il navigue dans un site classé patrimoine mondial de l’humanité. Il ne sait pas non plus qu’à la frontière du parc les hommes exploitent une mine de minerai. Ce n’est pas de l’or c’est de la pyrite. Du fer si on veut être simple. Et comme dans chaque site d’extraction on utilise des agents chimiques on stocke les déchets et les boues acides dans un barrage. Et comme trop souvent le barrage a cédé. Notre poisson a fait partie des 30 000 kilos de poissons morts. C’était en 1998. La mine a fermé mais le gouvernement espagnol envisage de lui donner une autorisation pour ouvrir à nouveau.

Mais pourquoi autoriser des activités polluantes quand on réclame d’être inscrit au patrimoine mondial de l’humanité ?

Mystère. D’après le WWF la moitié des sites protégés par l’Unesco sont menacés. C’est d’autant plus étrange que les pays sont candidats pour protéger une partie de leur patrimoine naturel. Rien ne les y oblige. C’est encore plus étrange quand on sait le peu de moyens financiers qui remercie leur engagement à protéger.

Je n’ose pas un instant imaginer que ce serait pour répondre aux intérêts économiques de court terme.

Des mines, des routes, qui mènent aux mines, du bois exploité illégalement, et j’en passe.

Les sites patrimoines de l’UNESCO ne représentent que 0,5% de notre terre.

Si on n’est pas capable de respecter cette limite dérisoire on va la tracer où ? sur Mars ?

« Il ne s’agit pas de mettre ces milieux précieux sous cloche » m’a dit Pascal Canfin directeur du WWF France. 11 millions d’humains vivent dans ces sites protégés. Ils y trouvent l’eau, le bois, des emplois dans l’économie du tourisme.

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Quand on prend l’exemple de la pêche industrielle on comprend mieux : les bateaux usines viennent piller les fonds marins et repartent. Non seulement ça ne profite pas aux pêcheurs locaux mais ça leur enlève le poisson de la bouche

Il n’y a pas d’opposition entre la protection et le développement économique durable.

Ce rapport du WWF sert de base à une campagne mondiale pour dire aux Etats et aux entreprises : les réserves de l’UNESCO sont des joyaux. Ne les détruisez pas pour en faire des bijoux de pacotille.

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