Depuis plus de 10 ans, l'Agence Nationale pour le traitement des déchets radioactifs étudie la capacité de la roche, de l'argile à confiner la radioactivité. Nous sommes dans le laboratoire de Bure dans la Meuse. A 500 mètres de profondeur. Dans une couche géologique vieille de 160 millions d'années. Il n'y a jamais eu de déchets radioactifs dans le laboratoire.

Vue aérienne du Laboratoire souterrain de Meuse/Haute-Marne
Vue aérienne du Laboratoire souterrain de Meuse/Haute-Marne © Studio Durey/Andra
Dans les galeries aménagées pour les scientifiques, on a réalisé des expériences pour tester la capacité de la roche à confiner la radioactivité. On l'a en quelque sorte torturée : on l'a chauffée parce que les déchets radioactifs sont chauds. On a traqué la goutte d'eau qui pourrait lécher les déchets et transporter les radionucléides à l'extérieur. L'objectif est de gérer les déchets issus du retraitement du combustible nucléaire usé. Ils ne représentent que 3% du volume des déchets mais ils concentrent 99% de la radioactivité. Et surtout, ils sont radioactifs pendant des centaines de milliers d'années. Les recherches ont abouti à la faisabilité d'un stockage souterrain. Elles concluent que lorsque les radionucléides reviendront en surface, leur radioactivité sera inférieure à la radioactivité naturelle. **Le projet Cigéo** Cigéo pour "Centre industriel de stockage géologique". Il occupera 350 hectares en surface où l'on trouvera les infrastructures d'accueil des colis de déchets. A 500 mètres de profondeur, les colis seront ensuite glissés par des robots dans des alvéoles creusées dans l'agile. Pour retarder les fuites, les déchets seront fondus dans du verre. Puis placés dans des colis en acier étanche. Le tout entouré de béton. On compte enfin sur la roche et la profondeur pour confiner la radioactivité le plus longtemps possible. **Comment se fait il qu'on ne se préoccupe de ces déchets que maintenant ?** Oy pense depuis les années 50. Certains ont été immergés dans les océans. C'était des déchets de faible activité et on comptait sur le pouvoir de dillution de la mer pour limiter les risques. On a pensé les stocker dans les glaces des pôles, dans le désert. On a même imaginé les envoyer sur la lune... Mais bon imaginez le niveaude contamination radioactive si la fusée explose au décollage. Au final c'est le stockage géologique qui a semblé la solution la moins mauvaise. **Un leg embarrassant pour les générations futures.** C'est une vraie question soulevée par les [opposants](http://www.villesurterre.eu/) au projet Cigéo. D'où le principe de réversibilité. Pendant au moins 100 ans , il faut pouvoir accéder à ces déchets et les récupérer si l'on trouve le moyen de les traiter autrement. Mais il y a un autre problème : celui de la méroire. L'humanité s'est moquée des malédictions pour aller fouiller les tombeaux des pharaons. Ira-t-elle demain se frotter à cette radioactivité parce qu'on aura oublié que là à 500 mètres de profondeurs, ce sont des déchets hautement radioactifs qui dorment. ### La minute de la biodiversité Et la découverte de 126 nouvelles espèces en Asie du Sud Est par une expédition du Fonds mondial pour la nature**François Letourneux de l'Union internationale pour la conservation de la nature.**
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