Les petits pêcheurs risquent de disparaître faute de pêcher du bar.

Pêche à la palangre dans la baie de Quiberon (Morbihan)
Pêche à la palangre dans la baie de Quiberon (Morbihan) © CC Alain Bachellier

Avez-vous déjà dégusté un bar au fenouil ? Un poisson noble, une chair excellente, surtout s’il a été pêché à la ligne. Pas au chalut, pas au filet qui écrase les poissons. La ligne est pratiquée par la pêche artisanale.

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Des bateaux de moins de 12 mètres

Mais où est passé le poisson ? Il est de plus en plus rare. Sauf dans les chaluts qui raclent le fond, et tirent leur filet plus haut dans la colonne d’eau. Ça ramasse tout, y compris les espèces dont la pêche ne veut pas, on les remet à l’eau mais compressées dans les filets il est rare qu’elle survivent. Bref c’est une bataille entre la pêche industrielle et la pêche dite artisanale.

Entre les arts dormants et les arts traînants

C’est le langage des pêcheurs. Les arts traînants ce sont les chaluts, les filets, tirés par les bateaux. Ils sont actifs. Les arts dormants ce sont les casiers posés au fond pour piéger les crustacés et certains poissons. Et ce sont aussi les lignes et leurs hameçons, pour accrocher le bar.

La pêche à la palangre peut déployer jusqu’à un millier d’hameçons. C’est beaucoup mais c’est une pêche sélective. Si la prise n’est pas du bar ou s’il est trop petit le pêcheur le remet à l’eau. Et là il continue sa route. Il est même arrivé qu’un poisson soit repris des années plus tard avec un hameçon coincé dans la bouche.

Les ligneurs ont une autre technique : une seule ligne et un hameçon, les prises sont modestes, de 10 à 50 kilos. Mais le poisson est de bonne qualité il se vend cher.

Cela fait plusieurs années que la pêche artisanale alerte sur le pillage des mers. Ils dénoncent un drame écologique et économique.

La ressource de bar se tarit d’autant plus que la pêche industrielle cible le poisson quand il se regroupe en banc pour se reproduire. L’Europe a pris des mesures d’urgence en interdisant le chalutage dans la Manche. Les scientifiques préconisent un moratoire en 2017 afin de permettre à l‘espèce de se reproduire. Si c’est le cas nous sommes mort dit Ken Kawahana, le secrétaire de la pêche artisanale.

On trouvera toujours du bar d’élevage sur les étals. Mais ils sont nourris avec des poissons dits fourrage, des petites espèces transformées en farine. Et on continuera à vider les océans.

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