R Sussanellu
R Sussanellu © Ifremer

Le plastique ce n’est pas fantastique quand ça empoisonne les poissons et les coquillages.

Une goutte de citron, un soupçon de vinaigre ou nature : chacun assaisonne les huîtres à sa façon. Mais j’imagine que vous n’avez pas envie d’y trouver des particules de plastique. Le risque commence pourtant à devenir très sérieux.

Pendant deux mois, les chercheurs d’Ifremer ont plongé des huîtres dans un bassin à la sauce plastique. Des fragments de polystyrène inférieurs à 5 millimètres de diamètre. C’est la taille du plancton dont elles se nourrissent habituellement en filtrant l’eau.

Résultat : une baisse de la reproduction et des larves dont la croissance est ralentie.

Les huîtres digèrent mal le plastique. On peut supposer que nos estomacs ne vont pas être contents non plus.

Et le plastique est en train d’envahir tous les océans.

Jusqu’à 12 millions de tonnes par an sont engloutis… du plus gros emballage à ces micros billes que l’on trouve dans les cosmétiques.

Les plus gros déchets se dégradent sous l’effet de la houle et des UV. C’est une soupe de micro particules que les organismes marins prennent pour des nutriments. Ils mangent. Le phénomène a déjà été observé par les scientifiques de l’expédition MEDD qui chaque été fait la chasse à la pollution en Méditerranée. Ils en ont trouvé dans l’estomac des poissons.

Mais il y aurait peut être une solution : avec la découverte d’une bactérie mangeuse de plastique.

Prodigieuse découverte ? On trouve régulièrement ce type de bactérie. Là il s’agit d’une équipe japonaise. Euréka ! Ce serait donc la solution au nettoyage des océans. Mais il y a un léger problème. La bactérie en question a dévoré totalement un morceau de plastique de la taille de l’ongle d’un pouce en … 6 semaines. Dans un environnement très particulier : une température de 30 degrés. Et elle n’a d’appétit que pour une sorte de plastique : le PET qui entre nous se recycle très bien. A condition qu’on ne le balance pas la nature. Dans l’eau, il coule.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on ne le trouve pas au milieu des déchets du « septième continent ».

Les chercheurs de l’expédition du même nom ont analysé ces îles de déchets.

Ils n’en n’ont pas trouvé. Ni dans le Pacifique Nord, ni dans l’Atlantique Nord dont les courants bloquent les débris dans un tourbillon lent mais permanent.

Quoiqu’il en soit : ce ne serait pas une bonne idée de saupoudrer les océans avec des millions de tonnes de bactéries dont on ignore l’impact sur l’écosystème. Attention les apprentis sorciers !

Pour éviter la pollution il suffirait d’arrêter de jeter tout et n’importe quoi dans la nature, sur terre : tout finit dans la mer.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.