La commission internationale a entendu la plainte des thons mais elle est peu dure d’oreille.

Thon (Maldives)
Thon (Maldives) © Getty / Mauroof Khaleel

Les poissons nous ressemblent beaucoup. Ils sont assez rares les misanthropes. Ils aiment vivre ensemble. En ban et sous un toit flottant sur la mer. Les pêcheurs ont constaté que les thons aimaient loger sous des déchets flottants, du bois quand tout va bien. Ou du plastique.

Les pêcheurs ont deux façons de les repérer. Lorsqu’ils se nourrissent en surface on voit l’eau frétiller et surtout les oiseaux qui viennent chasser les mêmes proies.

Il suffit de mettre le cap sur cette frénésie, on entoure les thons avec la senne, un filet de plus d’un kilomètre de long, deux cent mètres de haut, le piège se referme comme une bourse.. Et on remonte le tout à bord.

Il subsiste une forme de hasard dans ce type pêche. On n’est pas sûr de rencontrer le poisson et de le repérer à la jumelle.

C’est pour cela que les thoniers ont inventé les DCP :

Les dispositifs de concentration des poissons : des radeaux en bambou qu’on laisse dériver au gré des courants. Et ça a fait couler beaucoup d’encre lors de la dernière commission internationale en charge de réglementer la pêche. Les écologistes estiment que cette technique de pêche vide les océans. Car du hasard, il y en a peu : les radeaux sont équipés d’une balise GPS pour les localiser plus facilement. Mais on ne sait pas si il y a du poisson en dessous. D’où cette invention de la société isi-fish..

Un sondeur placé sur le radeau envoie des sons dans l’eau en fonction du retour de l’onde sonore on sait s’il y a du poisson en dessous. Il permet aussi d’identifier les espèces. Et d’éviter les prises dites accessoires, celles qui n’intéressent pas les pêcheurs. Les informations sont envoyées au bateau. On connaît même l’indice de présence, d’abondance et l’on peut décider de mettre le cap dessus ou pas. La pêche devient plus rentable, moins gourmande en carburant puisque le bateau est sûr que la pêche sera bonne.

Mais ce n’est pas forcément un progrès pour le milieu marin.

Première victime : le thon Albacore. Celui que vous achetez en boite. Et on ne peut pas appeler ça une pêche sélective. Elle ne capture pas que du thon et surtout d’après les observateurs elle prélève des juvéniles, des poissons trop jeunes pour avoir eu le temps de se reproduire. Trop petits, on les rejette à l’eau mais ils ont peu de chance de survivre.

La commission internationale a entendu la plainte des thons mais elle est peu dure d’oreille. Pas de quotas de pêche limitant la quantité de thon que l’on peut extraire de la mer. . Mais une diminution du nombre de radeaux DCP : ils avaient droit d’en exploiter 550 par bateau. Autorisation ramenée à 425. Un « grand » progrès…

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.