Carte emplacement centrale de Fessenheim
Carte emplacement centrale de Fessenheim © Sémhur

5 ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima, le point sur l’action de l’agence internationale à l’énergie atomique.

Je sûre qu’avant d’accueillir vos invités, vous faîtes du ménage et du rangement. Vous cachez la vaisselle ébréchée.

Lorsque l’agence internationale à l’énergie atomique va visiter une centrale nucléaire, ce n’est jamais à l’improviste. C’est toujours sur invitation. On imagine bien que les exploitants s’y préparent et font le ménage. Les experts de l’AIEA ont l’œil aguerri, ils peuvent voir ce que l’on voudrait leur cacher, MAIS

L’agence n’a pas le droit de publier le rapport de sa visite. Le pays visité n’a pas obligation de le faire. Vive la transparence.

L’AIEA n’est toujours pas le gendarme international du nucléaire.

Pourtant après la catastrophe du Fukushima, les pays membres se sont réunis pour tenter de lui donner plus de pouvoir.

Et 5 ans après la fusion des cœurs de la centrale japonaise, il ne s’est rien passé.

Les Etats défendent leur souveraineté. L’énergie en général et le nucléaire en particulier sont des domaines où l’indépendance ne se discute pas. Comme le prouve la dernière querelle entre l’Allemagne et la France à propos de Fessenheim.

Une visite inopinée dans une centrale chinoise, française ou américaine ? C’est inimaginable.

L’AIEA est pourtant riche de presque tous les pays membres de l’ONU. Y compris les pays qui n’ont pas de centrales nucléaires.

Alors à sert elle ?

A rédiger des textes sur la sûreté nucléaire pour éviter les accidents. Mais elle le fait avec les Etats.

Les règlements sont adoptés par consensus. Ils résultent donc du plus petit dénominateur commun. Leur application n’est pas obligatoire.

Mais ils servent de référence et les pays peuvent décider d’aller plus loin.

C’est le cas pour l’Europe.

En cas d’accident l’objectif c’est le zéro rejet de radioactivité dans l’environnement. Mais dans ce domaine, il faut songer au pire. En cas de rejets, ils doivent être limités, lents et ne pas provoquer de contamination à long terme.

On sait que la gestion d’un accident peut rendre obligatoire de rejeter des éléments radioactifs.

Souvenez vous de Fukushima. Les réacteurs en fusion menaçaient de faire exploser les enceintes de confinement.

Ces coffres forts doivent protéger le cœur des réacteurs.

Ils doivent éviter des rejets massifs d’éléments radioactifs dans l’environnement. Comme cela s’est produit lors de la catastrophe de Tchernobyl : explosion du réacteur à ciel ouvert et parce qu’il n’y avait pas d’enceinte de confinement, une pollution massive de l’environnement.

Au Japon, il y avait des enceintes de confinement mais elles devaient tenir !

L’exploitant de la centrale a fait baisser la pression en ouvrant régulièrement les vannes : les vapeurs radioactives sont parties dans l’atmosphère. Poussées en majorité vers l’océan Pacifique par les vents. Mais beaucoup sont tout de même retombées sur les sols.

Saura-t-on un jour pourquoi ils n’ont pas utilisé l’eau de mer pour refroidir les réacteurs ? Ils n’avaient plus d’arrivée d’eau douce à cause du Tsunami. Si on a mauvais esprit on répondra que avec l’eau de mer et son sel corrosifs, ils auraient contrôlé la température mais « tué » la centrale. Et que l’exploitant a voulu sauver les réacteurs et l’hypothèse de pouvoir redémarrer un jour. On voit ce que ça donne 5 ans après.Mais l’AIEA ne répond pas.

Bref, 5 ans après Fukushima, 30 ans après Tchernobyl, on sait que le nucléaire n’a toujours pas de gendarme international pour faire l

a police. Et que chaque pays fait ce qu’il veut chez lui.

Ecoutez demain mardi le Zoom de la rédaction de Sandy Dauphin 7h15 en direct de Fukushima.

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