Site d'orpaillage illégal
Site d'orpaillage illégal © WWF

Comment lutter contre l’orpaillage illégal : on a peut être trouvé la solution

Si vous voulez voir les ravages de l’orpaillage illégal sur la forêt de Guyane, regardez bien la photo.

Un désastre.

Pour accéder à un filon d’or, il faut détruire la forêt. Saccager les cours d’eau. Le tout devient un champ de boue qui dévale à la moindre pluie tropicale et pollue tout sur l’aval du site de recherche… illégal. Sans compter le mercure dont ces orpailleurs se servent pour amalgamer les particules d’or. Pour les concentrer et les extraire des sédiments.

Rejeté dans le milieu naturel, le mercure empoisonne les algues aquatiques, les poissons herbivores qui les mangent sont contaminés. Ils servent de repas aux poissons carnivores. Et au bout, qui cuisine des poissons au mercure : ce sont les hommes. Les conséquences sanitaires sont connues : sur le fœtus et les jeunes enfants, cela entraîne des troubles neurologiques, des retards psycho moteur et des effets sur le cerveau.

L’orpaillage illégal est une calamité.

Et les forces de l’ordre ont du mal à la combattre.

Quand vous survolez cette forêt, on dirait du brocoli : on ne voit rien que du vert et les sites illégaux sont à peine visibles. Y aller par la terre ou en empruntant les fleuves : cela prend un temps infini et les forces de l’ordre ne sont pas assez nombreuses pour veiller au grain… au grain d’or.

Une fois extrait le métal précieux est vendu. Mais comment savoir s’il provient d’une exploitation légale ? S’interroge Florent Taberlet du WWF

80% des professionnels qui travaillent l’or ne savent pas d’où vient la matière première.

D’où l’idée du Fonds mondial pour la nature et du bureau de recherche géologique et minière : identifier les grains d’or.

C’est comme carte d’identité explique Thierry Augé du BRGM. Il existe une douzaine de site d’orpaillage légal en Guyane. Chacun baigne dans un environnement géologique très précis. Dans un grain d’or il y a d’autres minéraux, du plomb, du fer, du bismuth, du zinc, du platine…

Tout dépend de l’endroit où il est né. C’est comme l’ADN.

Une fois que le BRGM a identifié l’or légal, il peut repérer l’or illégal. En analysant la signature minéralogique des grains d’or. On peut confirmer, oui, cet or a été extrait d’une mine légale. Ou non ! Il s’agit d’or illégal. A ce moment là il sera plus facile d’en interdire la vente. Et d’enrayer un trafic qui saccage la forêt, les êtres vivants aquatiques et terrestres dont… les humains.

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