Biovalsan
Biovalsan © Radio France / Suez

Quand les eaux usées font chauffer la marmite... Le projet Biovalsan est inauguré à Strasbourg.

Le projet Biovalsan transforme des eaux usées en bio méthane qui va alimenter le réseau de gaz naturel. C'est à Strasbourg. La station d'épuration des eaux usées de la Wantzenau utilise les boues issues du traitement des eaux pour produire du Bio méthane. Elles fermentent dans des digesteurs en condition anaérobie. C'est à dire en l'absence d'oxygène. Le processus produit du biogaz qui jusqu'à présent était brûlé sur place pour le chauffage des locaux. Le projet Biovalsan soutenu par l'Europe va désormais utiliser les effluents d'un million d'habitants pour alimenter les foyers en gaz de ville.

Le biogaz n'est différent du gaz naturel. Comme lui il est inodore. On ajoute donc un composé soufré pour lui donner une odeur et alerter les habitants qui se chauffent et cuisinent au gaz en cas de fuite chez eux.

Le biogaz va aussi servir à incinérer les boues de la station d'épuration. Jusque-là elle importait 1 500 mètre cube de fuel par an pour les brûler.

La production de biogaz génère des sous-produits dont on ne sait pas vraiment quoi faire aujourd'hui et notamment du gaz carbonique. La première utilisation du CO2 c'est l'incorporation dans une célèbre boisson -Coca Cola- pour ne pas la citer. Mais on imagine mal que l'entreprise accepte d'utiliser du gaz carbonique issu de la fermentation de boues elles même issues des eaux usées, c'est à dire de ce qui sort de vos toilettes, lavabos, évier. Question d'image de marque. Le CO2 pourrait également être utilisé dans des serres pour doper les cultures. Augmenter les rendements. Mais cela nécessite des serres modernes qui ne sont pas disponibles.

Enfin un projet de recherche allemand tente de convertir le gaz carbonique en méthane. Mais le procédé n'est pas encore au point.

Le réseau de gaz de Strasbourg va devenir le plus vert de France.

Le projet Biovalsan permettra à terme l’alimentation en bio méthane de l’équivalent de 5 000 logements respectant les normes BBC. C'est à dire basse consommation.

Strasbourg est une première. Elle devrait être rapidement copiée par 60 stations d'épuration en France. D'ici 2020, cela permettrait d'alimenter 40 000 ménages.

Le projet a mis 3 ans à émerger. Il a fallu démontrer que le bio méthane ne présentait aucun risque sanitaire, chimique ou biologique? Et il a fallu aussi que le gouvernement mette en place un tarif d'achat attractif.

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