Les terres européennes disparaissent sous le béton à grande vitesse.

A Andernos-Les-Bains, les habitants s'organisent pour lutter contre le béton qui grignote le littoral
A Andernos-Les-Bains, les habitants s'organisent pour lutter contre le béton qui grignote le littoral © Maxppp / PHOTOPQR/SUD OUEST

Et l’avenir n’est pas vert d’après une étude publiée par la revue américaine PNAS. D’ici 2030 l’équivalent de la surface agricole française va céder la place à l’urbanisation. Et pourtant, les agriculteurs et les amoureux de la nature se battent.

Je ne vais pas vous parler de Notre-Dame-Des-Landes. Mais d’Andernos-Les-Bains dans le bassin d’Arcachon. Là une pétition signée par 4500 personnes s’oppose à la création d’un lotissement et à l’agrandissement du port de plaisance, sur une zone humide.

Pourtant, pendant des siècles, on ne les a pas défendu, on les a détesté, ces lieux réputés pour accueillir les sorciers et les feux follets. Et puis, on a compris à quel point elles étaient riches et nécessaires à la vie, la flore, la faune.

Cette zone-là est l’amie des poissons, des crabes, elle leur sert de nurserie. A la faveur des marées qui les transportent, c’est moins polluant qu’un bus diesel, ils entrent quand la mer monte et sortent de la zone quand elle descend.

C’est aussi l’amie des oiseaux. On y trouve des Milan Noirs, des buses, des chouettes. Des grenouilles et des crapauds.

Mais depuis les années 90, il faut accueillir le béton.

"Et manger la nature" commente Clarisse Holik, qui se bat avec son association contre le projet. Pour accueillir les touristes et les résidences secondaires, ça bétonne. Il n’y a plus de place sur la côte d’Azur. Le Bassin d’Arcachon est devenue la nouvelle destination du béton.

Elle s’interroge sur le risque de construire des logements sur une nappe phréatique qui monte, déborde et descend en fonction des arrivages d’eau. C’est sûr, ça risque d’être un peu humide dans les maisons. Et puis un jour, on dira : on n’aurait pas dû. Comme on l’a dit pour toutes ces maisons construites sur des zones humides, ou trop près de la côte, se croyant protégé des colères de la mer par une digue, comme à la Faute sur mer, dévastée par la tempête Xynthia.

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