Moules
Moules © Périgné

Les assises nationales de la mer ouvrent ce matin aux Sables-d’Olonne sur fond d’inquiétude pour les moules et les huîtres.

Je suis un paysan de la mer. C’est ce que m’a dit hier Jean François Périgné mytiliculteur à l’île d’Oléron. Mais contrairement aux agriculteurs il ne cultive pas : il cueille ce que l’océan lui donne. Et depuis des années, il récolte des coquillages morts.

La mortalité des huîtres et des moules peut atteindre 100% sur certains littoraux. Une hécatombe !

Elles semblent victimes de deux bactéries devenues pathogènes alors qu’elles vivaient en parfaite harmonie avec les coquillages depuis des décennies.

Et pourquoi ?

Jean François a son idée. Elle n’est pas facile à expliquer à ses amis de la Confédération Paysanne qui en majorité cultivent la terre. Mais il plaide : « La goutte d’eau qui passe dans votre ferme et dans vos champs finit sa course dans la mer. Sa qualité dépend de vos pratiques ». Et là on entend « pesticides ». Encore et encore et toujours les mêmes produits accusés. Les fleuves et les rivières sont les racines de la mer, elle s’en nourrit. Alors évidemment si on lui donne du poison à manger, elle n’est plus en bonne santé et ses habitants coquillages et poissons non plus. Il évoque aussi le réchauffement des eaux à cause du changement climatique.

Mais que disent les scientifiques ?

Ils ne savent pas expliquer cette mortalité. IFREMER l’institut de la mer y travaille.

Mais en laboratoire. Pas dans le milieu naturel. Et leurs conclusions ne sont pas conclusives. Les bactéries sont elles devenues virulentes ? Les coquillages plus sensibles. Sylvie Lapegue chercheuse à IFREMER s’interroge. Et cherche avec ses équipes. Ils n’ont pas la réponse.

IFREMER est accusé d’avoir introduit des espèces d’huîtres plus fragiles.

Les tripoïdes. Manipulées pour ajouter un lot de chromosomes en plus que les huîtres naturelles.

Elles sont élevées sur terre et sont stériles. Certains amateurs d’huîtres n’aiment pas quand elles sont laiteuses, prêtes à se reproduire. Celles là n’ont plus cette possibilité. Elles conviennent mieux au goût des consommateurs.

Mais Ifremer affirme qu’elles ne sont pas à l’origine des maladies et qu’elles aussi en souffrent et en meurent.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.