L Fabius F Hollande B Ki moon
L Fabius F Hollande B Ki moon © US departement of state /

Quelle est la différence entre « adopté, signé et ratifié » ? : l’accord de Paris sur le climat est un marathon qui n'a pas encore franchi la ligne d’arrivée.

L’accord sur le climat, adopté en décembre dernier, est présenté ce matin en Conseil des Ministres.

Vous souvenez-vous de ce marteau qui annonce la fin de la COP 21 et les mots du président, Laurent Fabius : « Je déclare l’accord de Paris adopté ».

Accord adopté ! Cris de joies et de soulagement. Entre nous, les négociateurs étaient "cuits" : fatigués par deux semaines de discussion, nuit et jour.

Pour un résultat historique. Tous les pays du Monde ont accepté ce plan de lutte contre le réchauffement climatique.

C’est un réel succès diplomatique. Et puisqu’on est dans les mots qui se terminent en «ique », désolée, il y a un hic .De quoi donner le hoquet à l’accord de Paris ?

Le chemin est long entre l’adoption en séance plénière - à la fin des négociations- et l’application d’un accord.

Souvenez vous du protocole de Kyoto. Adopté en 1997, entré en vigueurhuit ans après.

À l’époque, il s’agissait de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 5%. Cela ne concernait que les pays du Nord. Les États-Unis l’ont adopté, signé mais ils n’ont jamais ratifié l’accord.

D’autres l’ont ratifié, mais n’ont pas respecté leur engagement. La route de l’accord de Paris est tout aussi cahoteuse.

Le 22 avril prochain, les pays l’ayant adopté sont invités à L’ONU pour le signer. Signer ce n‘est pas ratifier.

La ratification dépend de l’autorisation des parlements nationaux.

Et pour que l’accord entre en vigueur : 55 pays représentant 55% des émissions de gaz réchauffant doivent l’avoir ratifié. Et c’est loin d’être gagné…

Il y a encore des hic . Prenons l’Europe, elle s’est engagée à réduire les gaz de 40%. Mais l’effort doit être partagé entre les pays membres, comme ce fut le cas pour l’accord de Kyoto.

À l’époque, certains états ont eu le droit d’émettre plus, comme le Portugal, pour leur permettre de rattraper leur retard économique. La France a convaincu : elle pouvait cracher la même quantité au motif que sa production d’électricité, en majorité nucléaire, émettait peu de gaz.

Avec l’accord de Paris, on joue le même scénario. Ça va prendre du temps.

En Europe, comme aux États-Unis : le plan de Barak Obama pour le climat a été suspendu par la Cour Suprême.

Alors, le clap de fin de décembre dernier ne sonne pas la fin.

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